Un essai clinique du vaccin Ervebo a débuté en République démocratique du Congo pour évaluer son efficacité contre la souche Bundibugyo du virus. L’épidémie en cours, la dix-septième de l’histoire du pays, a officiellement causé des milliers de décès depuis son apparition en mai.
La dix-septième épidémie de maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo (RDC) a atteint un nouveau tournant sanitaire avec le lancement officiel des essais cliniques ciblant vingt mille personnes dans la province de l’Ituri, selon les informations publiées par Le360 Afrique. Cette campagne de vaccination de recherche vise à déterminer si le vaccin Ervebo, dont l’efficacité est prouvée sur la souche Zaïre, peut également protéger contre la souche Bundibugyo, à l’origine de la flambée actuelle et pour laquelle il n’existe actuellement aucun traitement ni vaccin spécifique homologué.
Bilan humain et répartition géographique de l’épidémie en Ituri
L’épidémie, déclarée officiellement à la mi-mai, est devenue en quelques mois la plus meurtrière jamais enregistrée dans ce vaste pays d’Afrique centrale. Le dernier bilan de l’Institut national de santé publique congolais (INSP) fait état de sept mille cinq cent quarante et un cas confirmés et de trois mille six cent trente-neuf décès, ce qui représente un taux de létalité de quarante-huit virgule trois pour cent. Quelque mille huit cent vingt-trois personnes ont été déclarées guéries, tandis que le virus s’est propagé à travers sept provinces.
La riposte sur le terrain s’avère particulièrement laborieuse. Les autorités sanitaires et les organisations humanitaires font face à un manque de moyens dans des régions reculées où la présence de groupes armés complique les déplacements. S’ajoute à ces obstacles logistiques une forte défiance des populations locales, qui a conduit à plusieurs reprises au cours des derniers mois à des violences ciblant directement le personnel humanitaire et les structures de soins.
Le déploiement des experts de l’Union européenne et l’évaluation de l’Africa CDC
Face à l’ampleur de la crise, l’Union européenne renforce son appui logistique et technique. Deux épidémiologistes européens ont été dépêchés à l’épicentre de la flambée par le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC). L’agence européenne apporte un soutien direct depuis le début de la crise, après avoir notamment conduit en juin une évaluation des contrôles de sortie dans les aéroports de la RDC et de l’Ouganda, en plus du déploiement d’experts au Soudan du Sud.

La directrice de l’agence européenne, Pamela Rendi-Wagner, a déclaré dans un communiqué que la flambée a déjà coûté de nombreuses vies
. L’agence précise toutefois que le risque pour les citoyens européens demeure très faible, jugeant improbables de multiples importations indépendantes, même dans un scénario pessimiste où le nombre de cas continuerait à progresser dans les régions touchées.
Du côté des instances continentales, la situation reste extrêmement préoccupante. Si le nombre de cas connaît un plateau après une croissance rapide, personne ne peut venir dire que l’épidémie est sous contrôle
, a martelé Jean Kaseya, le patron de l’agence de santé de l’Union africaine (Africa CDC), contredisant de récentes déclarations rassurantes du gouvernement congolais.
Essais cliniques et attentes autour du vaccin Ervebo
Sur les soixante-dix mille doses d’Ervebo allouées en août à la RDC à partir du stock mondial, vingt mille ont été attribuées pour les essais cliniques en Ituri, ciblant en priorité les professionnels de santé et le personnel de première ligne. Plus de trois mille personnes ont déjà été vaccinées dans la province de la Tshopo et plus de sept cents dans le Bas-Uélé dans le cadre de ce programme de recherche.

Malgré ces incertitudes, la Dr Nana Mimbu, coordonnatrice pour la recherche chez l’ONG Médecins sans frontières (MSF), a souligné que l’Ervebo pourrait offrir un certain niveau de protection croisée contre le virus Bundibugyo
. Sur le terrain, l’adhésion des équipes médicales témoigne de la nécessité de cette protection. Annie Banage, infirmière dans un centre de santé Ebola à Bunia, a témoigné du soulagement du personnel : Nous sommes tous les jours en contact avec les malades et il est important que nous soyons protégés pour pouvoir ensuite protéger nos patients
.