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Tour du Mont-Blanc : Les Communes Prévoient d’Interdire le Bivouac Sauvage

Les maires et les principaux acteurs de la montagne ont acté le principe d'une charte pour encadrer le Tour du Mont-Blanc.

Tour du Mont-Blanc : Les Communes Prévoient d'Interdire le Bivouac Sauvage

Les maires et les principaux acteurs de la montagne ont acté le principe d’une charte pour encadrer le Tour du Mont-Blanc. Cette initiative prévoit d’interdire le bivouac sauvage et d’imposer des réservations obligatoires en raison d’une explosion de la fréquentation touristique depuis la crise sanitaire.

Face à l’afflux massif de randonneurs sur le célèbre sentier de grande randonnée, les communes françaises traversées par l’itinéraire ont décidé de sévir. Les municipalités de Vallorcine, Chamonix, Les Houches, Saint-Gervais, Les Contamines-Montjoie, Beaufort et Bourg Saint-Maurice ont entériné des principes communs aux côtés des gardiens de refuge, des gestionnaires de gîtes et de campings, des guides, des transporteurs et des services de l’État.

Ce parcours alpin de 170 kilomètres, qui cumule 10.000 mètres de dénivelé, attire désormais un public considérable. Selon le communiqué publié par les communes et les professionnels, le nombre de trekkeurs a bondi d’environ près de 50% depuis le début de la pandémie de Covid-19, atteignant 90.000 adeptes par saison. Une surfréquentation jugée problématique pour la préservation des sites naturels.

Une charte en préparation pour mettre fin aux excès

Le texte de la charte, actuellement en cours de finalisation, doit être signé d’ici la fin de l’année. Les signataires entendent ainsi structurer une fréquentation estivale devenue difficile à absorber pour les infrastructures locales.

Face aux excès, on montre que maintenant le côté open-bar c’est terminé ! On n’interdit pas mais on organise.

Jean-Marc Peillex, maire divers droite de Saint-Gervais et président de la Communauté de communes Pays du Mont-Blanc, via Nice-Matin

Parmi les mesures concrètes retenues figurent la systématisation de la réservation obligatoire dans les hébergements recensés et l’interdiction stricte du bivouac sauvage. Les autorités souhaitent également garantir un confort minimal dans les aires de camping autorisées et revaloriser le métier de guide de montagne local.

Comportements déviants et impact sur l’environnement

La multiplication des passages entraîne des conséquences directes sur la sécurité, l’environnement et les propriétés privées le long du parcours. Les autorités locales recensent de nombreux comportements inadaptés de la part de visiteurs peu préparés à la haute montagne.

Jean-Marc Peillex a ainsi dressé la liste des dérives constatées, mentionnant plusieurs situations problématiques allant des animaux sauvages nourris à la main jusqu’aux abus logistiques :

  • Des bouquetins venant se nourrir directement dans les mains des randonneurs.
  • Des cas de défécation en plein air dans les champs.
  • Des campeurs s’installant autour des refuges pour trouver un abri en cas de mauvais temps.
  • L’acheminement par taxi de valises à roulettes de refuge en refuge.
  • Des randonneurs empruntant des taxis pour une grande partie du trajet tout en prétendant avoir réalisé l’intégralité du tour à pied.

Pour contrer ces pratiques, la charte prévoit également d’interdire le transport de valises au profit exclusif des sacs de trek traditionnels.

Un précédent inspiré par l’ascension du Toit de l’Europe occidentale

L’instauration de ces règles rapproche le Tour du Mont-Blanc des restrictions déjà appliquées pour atteindre le sommet du massif. Depuis 2020, l’ascension du toit de l’Europe occidentale, qui culmine à 4.806 mètres d’altitude, est soumise à un contrôle strict des réservations en refuge mené par une brigade du peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM).

Les communes de Vallorcine, Chamonix, les Houches, Saint-Gervais, les Contamines-Montjoie, Beaufort et Bourg Saint-Maurice
Photo: Nice-Matin

D’autres sites naturels confrontés à une surfréquentation record ont emboîté le pas ces dernières années. Le parc national des calanques a notamment introduit un système de réservation pour l’accès à la calanque de Sugiton afin de lutter contre l’érosion des sols, tandis que l’île de Porquerolles applique des quotas similaires depuis cinq ans.

Avec ces nouvelles dispositions, les initiateurs du projet espèrent redonner de la valeur à un itinéraire prisé par des marcheurs du monde entier, particulièrement originaires de France et des États-Unis, tout en évitant l’effet de file indienne sur les sentiers.

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.