Pour combler un déficit budgétaire de 10 milliards d’euros d’ici 2029, le gouvernement fédéral belge envisage de porter le taux standard de TVA de 21 à 22 %.
Le gouvernement fédéral cherche activement à dégager 10 milliards d’euros d’économies. Concrètement, cette augmentation de la fiscalité indirecte toucherait l’ensemble des biens et services non alimentaires soumis au taux standard.
Un impact évalué à 277 euros par ménage et par an
Pour mesurer les conséquences concrètes de ce projet, Charlotte de Montpellier, économiste chez ING, fournit un ordre de grandeur précis. En se basant sur la part du budget allouée à la consommation par un Belge moyen, la hausse d’un point de TVA se traduirait par une dépense supplémentaire de 23 euros par mois, soit 277 euros par an et par ménage en moyenne en Belgique, d’après ses calculs.
Toutefois, l’économiste nuance cet impact en rappelant le rôle des mécanismes d’indexation des salaires en vigueur dans le pays. Pour les ménages dont les revenus sont indexés, le coût de la vie accru s’accompagnerait donc d’ajustements de revenus, limitant l’effet final sur leur pouvoir d’achat.
Finalement, pour un budget d’un ménage qui est indexé, ça n’aura pas un impact énorme vu que son revenu va être indexé sur base de cette hausse de la TVA.
Charlotte de Montpellier, économiste chez ING
Tensions politiques et levier budgétaire privilégié
Sur le plan politique, l’idée d’une TVA à 22 % divise profondément. Du côté des consommateurs interrogés par le journaliste Laurent Esnault, les réactions vont de l’inquiétude à la réprobation pure et simple. Une personne qualifie le projet d’« épouvantable », tandis qu’une autre dénonce une disposition « véritablement antisociale » frappant de la même manière les gros et les petits budgets.
Malgré ces critiques citoyennes, l’exécutif fait face à des finances publiques jugées intenables. Pour l’économiste d’ING, la TVA présente une caractéristique technique qui en fait le levier le plus commode pour renflouer les caisses de l’État : Parmi tous les impôts qui peuvent être augmentés, c’est probablement l’impôt le plus facile à augmenter
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En raison de l’étendue de sa base taxable — c’est-à-dire le nombre considérable de biens et d’achats concernés —, une hausse minime du taux permet de récolter rapidement des flux massifs de recettes fiscales. Une telle modification générerait ainsi entre 2 et 3 milliards d’euros de rentrées pour les finances publiques rien qu’en relevant la taxe d’un seul point, selon l’analyse d’ING.
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