Le nouveau film biographique Pauline Julien : Femme pays, réalisé par Anaïs Barbeau-Lavalette, explore la vie de la chanteuse et militante québécoise à travers une narration fragmentée axée sur sa poésie et son engagement, tout en s’appuyant sur des archives familiales inédites et une interprétation marquante de Suzanne Clément.
Une approche sensorielle et non chronologique
L’œuvre cinématographique se détache des codes du biopic traditionnel pour épouser la pensée de son sujet. L’écriture a été guidée par des éclats de désirs, plus que par une logique narrative, selon la coscénariste Véronique Côté. Plutôt que de suivre une chronologie linéaire, le long métrage adopte une démarche sensorielle qui chemine aux côtés de l’artiste.
Cette structure kaléidoscopique trouve son fil rouge dans l’annonce de la maladie dégénérative qui affecte progressivement la parole de la militante. Ça a été clair pour nous, assez tôt, que ça allait être le temps présent
du récit, explique Véronique Côté à propos de cette tragédie qui frappe une figure publique connue pour sa voix et ses prises de position.
Des archives intimes confiées par la famille
Pour nourrir ce portrait vivant loin des statues de marbre, l’équipe de production a eu accès à des documents d’archives d’une grande valeur sentimentale et historique. Les enfants de l’artiste, Pascale et Nicolas Galipeau, ont remis aux créatrices des boîtes complètes de correspondances et d’objets personnels.

Ces archives, conservées pendant près d’un an dans le salon de la réalisatrice, comprenaient des centaines de lettres manuscrites échangées avec Gérald Godin et ses enfants, des photographies, des bijoux ainsi que des étoffes. En remettant ce coffre, Pascale Galipeau a prononcé ces mots rapportés par la réalisatrice : C’est le tombeau de Pauline, prenez-en soin.
C’est le tombeau de Pauline, prenez-en soin.
Pascale Galipeau, via Le Devoir
Une distribution engagée autour de Suzanne Clément
L’actrice Suzanne Clément prend les traits de l’emblématique interprète dans ce projet qui met également en vedette plusieurs autres comédiens de la scène québécoise. Violette Chauveau, Patrice Dubois, Steve Gagnon, Alexa-Jeane Dubé, Suzanne Clément et Anaïs Barbeau-Lavalette ont pris la pose lors d’une séance photographique signée David Boilu pour illustrer l’univers du film.
Pour Suzanne Clément, incarner cette figure majeure a représenté un défi vertigineux en raison de la force singulière du personnage. C’est rare, des humains qui se présentent avec une telle authenticité, confie l’actrice au sujet de l’ambition et des valeurs ancrées qui guidaient la chanteuse.