Ses prises de position suscitent toutefois un vif agacement en Espagne, où observateurs et journalistes regrettent le manque de reconnaissance envers les champions du monde de la Roja.
L’attaquant français, âgé de 27 ans, a défendu sa candidature dans les colonnes de France Football en mettant en avant ses statistiques personnelles. Auteur de 15 buts en Ligue des champions et de 25 réalisations en Liga, il est également devenu le meilleur buteur de l’histoire de la Coupe du monde avec 22 unités.
Les arguments de Kylian Mbappé pour le Ballon d’Or
Interrogé sur l’absence de trophée collectif majeur au terme de cette saison, l’international français a estimé que cette lacune ne devait pas invalider ses performances individuelles. Je crois que je peux le gagner cette année. C’est l’un de mes objectifs, et un objectif à court terme, a-t-il déclaré, selon les informations rapportées par Reuters.
Il n’y a pas eu de joueur meilleur que moi. Nous parlions de réalisations. Marquer autant de buts dans les grandes compétitions, là où sont tous les grands joueurs, et bien sûr à la Coupe du monde, le plus grand événement, pour devenir le meilleur buteur de tous les temps de la compétition – tout au long de mes vacances, c’est tout ce dont les gens me parlaient. Kylian Mbappé, attaquant du Real Madrid, via Reuters
L’ancien joueur du Paris Saint-Germain a ajouté qu’il se sentait investi d’un esprit de compétition strict, affirmant qu’il serait déçu s’il ne le gagnait pas et que sa fibre compétitive serait meurtrie en cas de défaite dans cette course.
Le malaise et les critiques en Espagne face au forcing
Cette offensive médiatique menée par le capitaine des Bleus, relayée également dans le quotidien sportif AS, ne passe pas inaperçue au-delà des Pyrénées. De nombreux observateurs espagnols affichent ouvertement leur exaspération face à ce qu’ils qualifient de campagne d’auto-promotion, estimant que la victoire de l’équipe d’Espagne lors de la dernière Coupe du monde mériterait une mise en avant bien plus importante.
Au micro de la Cadena SER, le journaliste Manu Carreño a exprimé son incompréhension face à l’effacement des joueurs espagnols dans le débat :
Manu Carreño a souligné qu’il était particulièrement agacé par le fait que l’on accepte comme une évidence qu’aucun Espagnol ne remportera le Ballon d’Or sans que personne ne s’y oppose.
D’autres voix en Espagne nuancent également le statut du joueur au sein même de sa maison merengue. Sur le plateau d’El Chiringuito, Matias Prats a estimé que le public du Real Madrid n’avait pas encore pleinement adopté le buteur français.
Matias Prats a affirmé qu’aucun vrai supporter madrilène ne sacrifierait quoi que ce soit pour voir Mbappé remporter le Ballon d’Or, précisant qu’il faisait référence aux supporters abonnés de longue date pour qui le joueur français ne constitue pas une idole et n’a pas su les charmer
, a-t-il affirmé, pointant des absences remarquées lors de rencontres décisives la saison passée.
Entre efficacité statistique et bilan collectif
La question du modèle de récompense reste au cœur des discussions. Sur les ondes de la Cadena COPE, Nacho Peña a estimé que le succès individuel recherché par l’attaquant dépendait avant tout de la dynamique collective :
Nacho Peña a rappelé que le Ballon d’Or et la Ligue des champions étaient les deux seuls trophées qui manquaient encore au palmarès du joueur, tout en soulignant que pour y parvenir, il serait bien plus facile d’atteindre cet objectif grâce à la réussite collective de l’équipe plutôt qu’en accumulant les buts individuels sans remporter le moindre titre

. Luis García-Rey a pour sa part résumé la situation de manière abrupte en affirmant que
Luis García-Rey a soutenu que le Real Madrid avait cessé de remporter des trophées à partir du moment exact où Mbappé avait rejoint le club
.
Le choix final pour l’Espagne appartiendra à José Félix Díaz, directeur du quotidien AS et unique votant pour le pays. On m’a donné un examen très difficile. (…) Peu importe ce que je vais faire, il y aura toujours des critiques.