L’Union européenne tente de sauver un paquet de près de 3 000 sanctions contre la Russie malgré un blocage diplomatique majeur à Bruxelles. La Lettonie et d’autres États baltes s’opposent fermement à un compromis prévoyant la levée des mesures ciblant les oligarques Alicher Ousmanov et Mikhaïl Fridman.
L’Union européenne fait face à un périlleux statu quo institutionnel alors que la date limite pour le renouvellement de son régime de sanctions contre Moscou arrive à échéance. Les ambassadeurs des vingt-sept États membres se réunissent à Bruxelles pour débattre d’un accord de principe trouvé la veille, conditionné par la levée des gels d’avoirs et interdictions de voyager frappant deux figures du grand patronat russe, selon les informations rapportées par la chaîne BFM.
La France et le Luxembourg au cœur des exigences de levée de sanctions
Le compromis sur la table des négociations prévoit de maintenir les mesures restrictives visant près de 3 000 personnes et entités accusées de soutenir l’effort de guerre du Kremlin. Toutefois, l’équilibre de ce train de mesures vacille en raison de demandes de dérogations formulées par Paris et Luxembourg. Selon des informations relayées par le Financial Times et confirmées par des diplomates à Bruxelles, la diplomatie française céderait ainsi aux pressions de l’Azerbaïdjan, qui pose ce retrait comme condition préalable à la libération de ressortissants français détenus à Bakou.

Faute d’une unanimité stricte indispensable pour entériner le renouvellement global avant le délai butoir fixé à mercredi minuit, la totalité de l’édifice répressif européen menaçait de s’effondrer. Pour parer à ce risque géopolitique, les diplomates étudient une extension de la durée de validité de ces trains de mesures, proposant de faire passer l’échéance de six à trente-six mois, d’après les précisions de BFM.
La levée des boucliers des États baltes et la colère de Kiev
Cette concession française a provoqué une levée de boucliers immédiate au sein des nations scandinaves et baltes. La Lettonie s’est dressée contre ce projet d’accord, estimant qu’il est hors de question d’accéder à de telles demandes en pleine escalade du conflit. Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andriï Sybiga, a formulé une mise en garde explicite avant même l’annonce officielle des arbitrages bruxellois.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a également dénoncé ces manœuvres en marge de ses déplacements internationaux. La semaine précédente, il avait affirmé que cette démarche revenait à épargner l’entourage fortuné du Kremlin, selon le rappel des faits effectué par la rédaction de BFM.
Ce n’est « certainement pas le moment de lever les sanctions », « de sauver les oligarques russes des sanctions » et de « faire des cadeaux à la Russie ».
Volodymyr Zelensky, président ukrainien, via BFM
La diplomatie européenne divisée entre New York et Bruxelles
En marge de l’Assemblée générale de l’ONU à New York, la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas a tenté de réaffirmer la centralité de la politique restrictive de l’Union, soulignant que les sanctions demeurent le cœur de la pression exercée contre Moscou pour mettre un terme au conflit en Ukraine. Tout en reconnaissant que des discussions étaient en cours suite aux demandes de certains États membres de soustraire des personnes de la liste, elle a rappelé que Bruxelles travaillait parallèlement à l’élaboration d’un train de mesures supplémentaire particulièrement ambitieux, d’après les déclarations rapportées par France 24.
Cette séquence diplomatique intense coïncide par ailleurs avec l’annonce d’une législation adoptée par les États-Unis. Tandis que les ambassadeurs des Vingt-Sept reprennent les négociations à Bruxelles pour tenter de surmonter le veto letton, l’unité de l’Union européenne face à la Russie reste suspendue à l’issue de ces arbitrages de dernière minute.
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