Le Congrès américain a approuvé, par 262 voix contre 159, un paquet de sanctions sans précédent contre la Russie, ciblant sa flotte fantôme et ses secteurs énergétiques. Soutenu par Donald Trump et déjà voté par le Sénat, le texte vise à tarir les flux financiers alimentant le Kremlin dans sa guerre en Ukraine.
Les députés américains ont franchi un cap majeur dans la politique de Washington face à Moscou. Ce projet de loi constitue la première action d’envergure menée par le Congrès contre la Russie depuis le retour au pouvoir du président républicain, dont les initiatives pour clore le conflit enlisé n’avaient pas abouti jusqu’alors. Le texte, adopté par 262 voix contre 159 à la Chambre des représentants, avait déjà reçu l’aval du Sénat avec 86 voix contre 11 au début du mois d’août.
Une première offensive contre la flotte fantôme et le trésor de guerre du Kremlin
Le dispositif législatif introduit par les États-Unis innove sur le plan répressif en s’attaquant pour la première fois à la flotte fantôme russe. Ces navires permettent à Moscou de contourner les embargos occidentaux mis en place depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022. Le texte cible également les secteurs clés de l’énergie et de la défense, tout en visant directement le président russe Vladimir Poutine ainsi que d’autres hauts responsables.
La mesure la plus sensible du texte confère au président américain le pouvoir d’imposer des droits de douane allant jusqu’à 100 % sur les cinq principaux pays importateurs de gaz et de pétrole russes, au rang desquels figurent la Chine et l’Inde. Cette disposition a d’ailleurs provoqué des réticences parmi les élus démocrates, qui soutiennent l’aide à l’Ukraine mais se montrent opposés à l’idée d’accorder les coudées franches à Donald Trump sur ses surtaxes douanières favorites.
« Une fois que le projet de loi aura été rapidement signé et entrera en vigueur, nous espérons que les États-Unis veilleront à sa stricte application afin de mettre fin aux flux financiers alimentant le trésor de guerre du Kremlin. Chaque jour de retard, c’est un jour où nous devons enterrer davantage de personnes en Ukraine. »
Svitlana Romanko, directrice de Razom We Stand
L’héritage politique du sénateur Lindsey Graham et la pression du calendrier électoral
Ce train de sanctions porte le nom de son principal concepteur, le sénateur républicain Lindsey Graham, décédé en juillet, qui fut un fervent défenseur de Kiev et un pourfendeur déclaré de la Russie et de l’Iran — ce dernier pays étant également visé par le projet de loi. Bien que le sénateur portât ce texte depuis avril 2025, Donald Trump avait initialement freiné l’initiative, préférant agir par décrets plutôt que de déléguer du pouvoir au Congrès.

L’aboutissement de ce compromis au cœur de l’été a permis au Sénat de valider le texte, tandis que la Chambre des représentants agissait dans l’urgence. Les députés devaient en effet impérativement quitter Washington pour mener campagne en vue des élections législatives de mi-mandat prévues le 3 novembre.
Intensification des combats et frappes sur les infrastructures ukrainiennes
L’adoption de cette législation intervient alors que le terrain ukrainien subit une recrudescence des attaques russes. À Kiev, de fortes explosions ont retenti aux premières heures de la journée lors d’une alerte aux missiles déclenchée par les autorités militaires, selon un journaliste présent sur place. Dans le sud du pays, une frappe de drone russe a touché un bus interurbain, faisant au moins cinq morts selon certaines sources et un bilan provisoire de trois morts et sept blessés selon d’autres rapports locaux.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky, qui s’était personnellement investi pour soutenir ce paquet de sanctions lors de son déplacement à Washington en juillet, a dénoncé sur les réseaux sociaux les frappes répétées contre le réseau ferroviaire, ciblant notamment la locomotive d’un train de passagers ordinaire et une gare. Parallèlement, la société de production Kvartal 95, cofondée par Volodymyr Zelensky à l’époque où il exerçait comme humoriste, a annoncé qu’un de ses entrepôts avait été détruit par une attaque de drones, entraînant la perte de costumes et de décors accumulés sur vingt ans.
Sur le même sujet
- Singapour Vend aux Enchères des Biens de Luxe Saisis pour Blanchiment
- Houthis lancent un drone contre la ville sainte de La Mecque
- Guerre en Ukraine : Zelensky «doit arrêter» d'attaquer les raffineries de diesel en Russie, déclare Donald Trump (lederniereheure.com)
- Mandat d’arrêt émis contre Francisco Javier N pour le meurtre de Claudia Tacoronte (nouvelles-du-monde.com)