Une grève nocturne des contrôleurs aériens paralyse partiellement l’aéroport de Charleroi pour un mouvement programmé sur 24 nuits. Alors que la direction de Skeyes a soumis une proposition de primes pour la future tour numérique, le ministre fédéral Jean-Luc Crucke propose désormais une médiation externe pour sortir de l’impasse.
Le conflit social qui touche le contrôle aérien à Brussels South Charleroi Airport se prolonge sans issue immédiate. Les contrôleurs aériens actifs à l’aéroport de Charleroi (BSCA) sont en grève depuis le 16 septembre dans le cadre d’un mouvement social qui pourrait durer 24 nuits, du 16 septembre au 10 octobre inclus, de 22h00 à 08h00. Le différend porte sur l’octroi de primes de nuit. Les perturbations affectent l’activité de la plateforme aéroportuaire dans le cadre d’un mouvement mené par les contrôleurs aériens, ce qui entraîne l’annulation de dizaines de liaisons et perturbe les déplacements des voyageurs.
Une proposition salariale de Skeyes rejetée par les syndicats
Skeyes : la grève se poursuit à l'aéroport de
Ce dimanche 20 septembre, la direction de l’entreprise en charge du contrôle aérien en Belgique avait annoncé avoir transmis aux représentants du personnel une proposition concrète et substantielle visant à reprendre immédiatement le dialogue social
et à mettre fin à la grève. Ce plan s’inscrit dans le cadre de la future tour de contrôle numérique qui organisera à terme le contrôle aérien de Charleroi depuis un centre de contrôle intégré situé à Namur.
Concrètement, l’entreprise proposait d’accorder, à partir du 1er octobre 2028, dans le cadre de cette « Digital Tower », une rémunération structurelle supplémentaire de 10.000 euros brut par an et par contrôleur aérien. La proposition de Skeyes prévoit quatre primes liées à des étapes successives jusqu’à ce que la tour de contrôle numérique soit pleinement opérationnelle. Une prime serait ainsi accordée après la réalisation réussie de chaque étape. Sur une période de 18 mois, ces quatre primes représenteraient au total 10.000 euros brut par contrôleur aérien.
Du côté syndical, l’accueil a été froid. Nous avons fait savoir à la direction que nous ne pouvions pas accepter cette proposition
, a indiqué ce lundi le délégué syndical VSOA/SLFP Lennert Mervilde. Selon lui, les deux camps étaient sur le point de s’entendre sur un texte vendredi, à l’issue d’une discussion informelle. Les syndicats étaient prêts à la défendre auprès du personnel. Il était convenu de se retrouver à l’issue du week-end sans faire d’autres communications entre-temps.
Grève à l’aéroport de Charleroi
Un bras de fer institutionnel entre autorités fédérales et régionales

La crise met en lumière des divergences de compétences entre les niveaux de pouvoir. Le litige à l’origine de la grève des contrôleurs aériens à l’aéroport de Charleroi « ne relève pas de ma capacité d’intervention », a réagi mercredi le ministre fédéral de la Mobilité Jean-Luc Crucke (Les Engagés), renvoyant la ministre wallonne Cécile Neven (MR) à ses responsabilités. Mardi, la ministre wallonne en charge des Aéroports avait appelé Skeyes, son personnel et le ministre Crucke à relancer la concertation sociale après l’échec de la conciliation de lundi.

Jean-Luc Crucke rappelle toutefois que si le Fédéral gère la sécurité aérienne, l’accord de coopération de 1989 stipule que les Régions financent les prestations excédant le cadre initial. La Région wallonne ayant demandé en 2009 une extension du service en « 24h/24 », cette extension et ses surcoûts incombent à la Wallonie et à l’aéroport. « Le ministre fédéral de la Mobilité n’a pas vocation à se substituer aux parties dans une négociation portant sur les conditions liées à cette extension spécifique », a souligné M. Crucke, tout en souhaitant une reprise du dialogue.
Jean-Luc Crucke propose finalement une médiation externe pour sortir
Jean-Luc Crucke propose une médiation externe conditionnée

Face à la persistance du conflit social qui affecte le contrôle aérien à Brussels South Charleroi Airport (BSCA), le ministre fédéral de la Mobilité, Jean-Luc Crucke, a proposé, mardi, aux parties de recourir à une médiation neutre et indépendante afin de favoriser la reprise du dialogue.
« Je ne suis pas là pour désigner qui a tort ou qui a raison. Les positions sont connues et le dialogue social doit pouvoir suivre son cours. Mais lorsque le conflit s’enlise et que ses conséquences touchent chaque jour des voyageurs, des travailleurs et toute l’activité économique d’un aéroport, nous devons essayer de recréer les conditions du dialogue », a expliqué Jean-Luc Crucke dans un communiqué. La mise en œuvre de cette médiation est toutefois conditionnée à la suspension du mouvement social.