Ethiopian Airlines a suspendu ses vols vers la région du Tigré après que les forces tigréennes ont pris le contrôle de l’aéroport de Mekelle, aux dépens de la police fédérale. Cette décision intervient dans un contexte de rupture de l’administration intérimaire et de formation d’une nouvelle alliance rebelle contre le gouvernement d’Abiy Ahmed.
Les perturbations sur les lignes intérieures se sont matérialisées dès le milieu de semaine, à l’instar du vol prévu entre Addis-Abeba et Mekele qui a dû être annulé, selon les données de vol spécialisées relayées par Le360.
La prise de l’aéroport d’Alula Aba Nega par les TDF
L’infrastructure aéroportuaire de Mekelle, baptisée aéroport Alula Aba Nega, était gardée par quelques éléments de l’armée fédérale avant d’être saisie au cours de la nuit. Des sources locales et une source sécuritaire étrangère ont confirmé que les combattants des forces tigréennes avaient évincé les forces fédérales pour s’emparer du site stratégique de la capitale régionale.
Une employée de la plateforme aéroportuaire, interrogée sous le couvert de l’anonymat, a indiqué avoir été renvoyée chez elle par mesure de sécurité après avoir été informée de l’occupation des lieux par les TDF. Le gouvernement fédéral, de même que l’entourage du Premier ministre Abiy Ahmed et les représentants du Front de libération du peuple du Tigré, n’ont pas réagi dans l’immédiat aux sollicitations des agences de presse.
Une alliance rebelle contre l’exécutif d’Addis-Abeba
Ce coup de force militaire survient dans la foulée d’une alliance politique majeure scellée entre le TPLF et six autres groupes armés à travers le pays, incluant notamment les milices amhara Fano et l’Armée de libération oromo. L’objectif affiché de cette coalition est de renverser le gouvernement central dirigé par le Premier ministre Abiy Ahmed.

Les tensions entre les autorités fédérales et la région du Tigré n’ont cessé de croître depuis plusieurs mois, menaçant l’accord de paix de novembre 2022 qui avait officiellement mis un terme à la guerre civile sanglante menée entre 2020 et 2022. Chacune des parties accuse régulièrement l’autre de bafouer les termes de ce compromis de paix.
Frappes de drones et redditions signalées
La dégradation de la situation sur le terrain s’accompagne d’une intensification des opérations militaires. L’armée éthiopienne a multiplié les frappes de drones contre les forces tigréennes depuis le mois d’août, selon les relevés du projet Armed Conflict Location & Event Data. Si le gouvernement fédéral n’a pas commenté ces frappes de manière détaillée, l’état-major a affirmé qu’environ 300 combattants tigréens avaient choisi de déposer les armes et de se rendre aux autorités.