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Technologie et science

Le Japon a échoué avec son projet FGCS d’ordinateur à raisonnement humain

Au début des années 1980, le Japon a lancé le projet FGCS pour construire un ordinateur capable de raisonner comme un humain.

Le Japon a échoué avec son projet FGCS d'ordinateur à raisonnement humain

Au début des années 1980, le Japon a lancé le projet FGCS pour construire un ordinateur capable de raisonner comme un humain. Financé à hauteur de 54 milliards de yens par le MITI, ce programme ambitieux s’est achevé onze ans plus tard sans commercialisation, surpassé par l’essor rapide des processeurs généralistes et de l’intelligence artificielle statistique.

Durant cette période charnière du début des années 1980, l’archipel nippon est habité par une certitude inébranlable quant à sa suprématie future sur le marché technologique mondial. C’est dans ce contexte qu’émerge le projet de cinquième génération de calculateurs, connu sous l’acronyme FGCS, lancé en 1982 par le Ministère du Commerce international et de l’Industrie, le fameux MITI.

L’ambition portée par Tokyo est alors vertigineuse : abandonner l’architecture classique des ordinateurs imaginée par von Neumann pour concevoir des machines fondées sur le calcul massivement parallèle et la programmation logique, notamment à travers des variantes du langage Prolog. L’objectif n’était pas seulement d’accélérer les calculs, mais bien de doter la machine d’une capacité de déduction logique proche de celle d’un être humain.

Un investissement de 54 milliards de yens coordonné par l’ICOT

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Pour concrétiser ce pari technologique, le gouvernement japonais fonde l’ICOT, l’Institut pour la nouvelle génération de technologie informatique. Cet organisme a pour mission de coordonner les efforts conjoints de l’État, du monde académique et de géants industriels de l’époque comme NEC et Fujitsu.

Au terme d’une investigation scientifique s’étalant sur onze ans, l’initiative a consommé près de 54 milliards de yens, ce qui correspondait à peu près à 400 millions de dollars selon la parité monétaire en vigueur en 1992. Les ambitions chiffrées visaient des performances comprises entre 100 millions et 1 milliard d’inférences logiques par seconde, reposant sur des architectures radicalement novatrices.

L’architecture PIM et le rôle central du PIM/p en 1992

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Le cœur technique de ce programme reposait sur une architecture matérielle appelée machine d’inférence parallèle, ou PIM. Cinq versions différentes ont vu le jour au fil des ans : le PIM/m, le PIM/p, le PIM/i, le PIM/k et le PIM/c, explorant tour à tour le traitement massivement parallèle appliqué au raisonnement automatisé.

Le modèle le plus emblématique reste le PIM/p, achevé en 1992, qui embarquait 512 microprocesseurs RISC travaillant de concert. D’autres prototypes ont également vu le jour, à l’instar du PIM/m doté de 256 processeurs, ou du réseau bidimensionnel MultiPSI regroupant 64 processeurs.

Les raisons d’un abandon technologique

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À son terme, le projet FGCS n’a jamais atteint les objectifs fixés en matière d’inférences logiques par seconde et s’est achevé sans le moindre produit commercial. Néanmoins, cet échec ne résulte ni d’une panne technique majeure ni d’un manque de financement.

Le programme a été abandonné parce que les processeurs généralistes et l’intelligence artificielle statistique ont progressé beaucoup plus vite, dépassant cette architecture spécialisée et particulièrement complexe à programmer. Aujourd’hui, le PIM/p et le PIM/m reposent dans les vitrines du Musée national des sciences de Tokyo.

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À propos de l’auteur: Thomas Caron

Thomas Caron couvre les technologies, les sciences, l’intelligence artificielle et l’innovation. Il explique les nouveautés sans jargon inutile et distingue les annonces spectaculaires des avancées réellement établies.