La Société des grands projets a annoncé le report d’au moins un an de la mise en service des lignes de métro automatiques 16 et 17 du Grand Paris Express. Prévues initialement pour 2027 et 2028 au nord et à l’est de Paris, ces infrastructures complexes ouvrent désormais par phases entre 2028 et 2029.
Le projet titanesque du Grand Paris Express, qui doit doubler le réseau de transport historique francilien avec environ 200 kilomètres de lignes nouvelles et 69 gares, subit un nouveau coup dur. À l’issue d’un conseil de surveillance tenu le jeudi 24 septembre 2026, la Société des grands projets (SGP) a acté la nécessité de décaler le calendrier d’ouverture des lignes 16 et 17.
Ce nouveau glissement de planning fait suite à l’annonce de juin concernant le retard de la ligne 15 Sud. Une étude approfondie menée avec les industriels chargés des automatismes et du système centralisé a mis en lumière des difficultés techniques insoupçonnées. Si le percement des tunnels est achevé depuis longtemps, c’est la mise en cohérence globale de l’infrastructure informatique qui coince sur ce chantier du siècle
, d’après les précisions de la SGP.
Le calendrier actualisé des lignes 16 et 17
Pour la ligne 16, qui relie Saint-Denis Pleyel à Noisy-Champs, le premier tronçon jusqu’au Parc du Blanc Mesnil est repoussé à l’automne 2028. La portion restante rejoignant Noisy-Champs n’accueillera ses premiers voyageurs qu’à l’automne 2029, soit un report net de deux ans par rapport aux prévisions initiales.
Du côté de la ligne 17, le tronçon reliant Saint-Denis Pleyel au Bourget Aéroport est désormais programmé pour l’automne 2028. La section intermédiaire menant jusqu’au Parc des Expositions est quant à elle décalée à l’automne 2029, tandis que le terminus final vers Le Mesnil-Amelot reste fixé à l’horizon 2030, selon le calendrier actualisé de la SGP.
La grogne des élus locaux face au feuilleton des retards
La pilule passe mal auprès des collectivités territoriales, particulièrement en Seine-Saint-Denis, territoire directement concerné par ces infrastructures. Dix maires du département ainsi que le président du conseil départemental, Stéphane Troussel, ont exprimé leur indignation par voie de communiqué.

Les signataires ont ainsi exigé stop aux retards successifs des lignes 16 et 17
. Du côté d’Île-de-France Mobilités (IDFM), l’autorité organisatrice présidée par Valérie Pécresse, le ton est également à la fermeté. L’institution regrette ces nouveaux décalages qui risquent d’entamer la confiance des usagers et demande à la SGP de stabiliser définitivement ses échéances.
Une lueur d’espoir sur la ligne 18 du plateau de Saclay
Au milieu de ces reports en cascade, le premier tronçon de la ligne 18, situé en Essonne, fait figure d’exception positive. La SGP a confirmé qu’elle remettra les clés de cette portion à IDFM le 13 octobre 2026. Cette étape ouvrira la voie à une éventuelle mise en service commerciale à la mi-décembre, à condition que les essais menés par l’exploitant Keolis sur les rails gérés par la RATP s’avèrent concluants.
Cette première section reliera les gares ultra-modernes de Massy-Palaiseau, Polytechnique, Université Paris-Saclay et Christ de Saclay. Néanmoins, IDFM a rappelé qu’elle s’assurera que tout fonctionne correctement avant d’accepter le transfert, refusant de sacrifier la sécurité et la qualité des tests sur l’autel de la rapidité.