À deux jours du vote par anticipation, les allégations d’ingérence américaine marquent la fin de la campagne. Ottawa aurait prévenu Québec d’une tentative de Washington pour favoriser un gouvernement indépendantiste, provoquant des réactions acerbes de Paul St-Pierre Plamondon et des autres chefs politiques.
La fin de la campagne électorale provinciale de 2026 au Québec prend une tournure inattendue en cette fin de semaine. Vendredi midi, de nouvelles révélations ont indiqué que le gouvernement du Québec a été mis en garde par Ottawa concernant une ingérence potentielle des États-Unis. L’objectif prêté à Washington serait de favoriser l’élection d’un gouvernement indépendantiste afin de diviser et de fragiliser l’administration de Mark Carney en pleine guerre commerciale transfrontalière.
Paul St-Pierre Plamondon rejette les accusations et dénonce du mauvais théâtre
Le chef du Parti québécois (PQ) a vivement réagi à ces rumeurs lors d’un point de presse tenu samedi matin à Québec. Il a notamment balayé du revers de la main les insinuations du chef libéral Charles Milliard, qui s’interrogeait sur de prétendues rencontres secrètes entre le candidat péquiste et des représentants américains.
Le dirigeant souverainiste a reconnu avoir eu des conversations confidentielles avec des diplomates étrangers, notamment français et écossais, mais formellement exclu toute discussion avec des interlocuteurs américains.
La réaction des autres formations politiques face à la polémique
Cette controverse s’invite au pire moment pour perturber le scrutin, selon le chef péquiste, qui s’interroge ouvertement sur le choix du moment pour propager ces bruits à l’aube du vote par anticipation. En Outaouais, la première ministre sortante Christine Fréchette a modéré le propos, admettant que ces hypothèses d’ingérence ne sont pas avérées tout en exprimant le souhait de sensibiliser les citoyens. Elle a néanmoins profité de la tribune pour cibler le projet référendaire de ses rivaux.
De son côté, Charles Milliard a défendu sa démarche en affirmant qu’il n’avait fait que poser des questions légitimes dans l’intérêt public. Pendant ce temps, le chef conservateur Éric Duhaime a balayé l’affaire d’un revers de main lors de son passage à Beauport, qualifiant toute la séquence de pétard mouillé et de manœuvre de diversion orchestrée par la Coalition avenir Québec (CAQ).
Le climat de fin de campagne et le spectre de 1970
Pour illustrer la tournure que prennent ces derniers jours de course, Paul St-Pierre Plamondon a mis en garde la population contre les tactiques de distraction destinées à instiller la peur. Il a établi un parallèle direct avec le fameux épisode de la caisse de dépôt et le transfert de valeurs financières lors de la première élection de René Lévesque.
