Le film Godzilla Minus Zero, suite directe du long métrage primé aux Oscars Godzilla Minus One, a fait des débuts remarqués au Festival du film de New York le 26 septembre. Réalisé par Takashi Yamazaki, ce drame fantastique de la Tōhō se déroule en 1949 et devient le premier épisode de la franchise de 72 ans à recevoir une interdiction aux mineurs aux États-Unis.
Le retour de la créature géante sur grand écran ne relève pas d’une simple suite commerciale. Alors que les premières projections de presse et la grande première mondiale ont enflammé l’Alice Tully Hall, les critiques saluent un ouvrage audacieux qui bouscule les codes traditionnels de la franchise. Le réalisateur Takashi Yamazaki, qui signe la mise en scène, le scénario et supervise les effets visuels, a choisi de maintenir le cap sur le drame intime tout en durcissant le ton face au public.
Un classement R historique pour un kaiju de 72 ans
Le long métrage a écopé d’un classement R pour des contenus violents et des images sanglantes, une première absolue dans l’histoire de la vénérable franchise japonaise. Lors de sa rencontre avec les spectateurs et la presse au festival new-yorkais, le cinéaste a défendu ce choix artistique avec fermeté.
Logiquement, en tant que studio — et même en tant que réalisateur — vous voulez que le plus grand nombre de personnes possible puisse voir votre film. Un classement R peut donc sembler être une barrière à l’entrée, et des discussions sur la possibilité d’obtenir un PG-13 ont bien sûr eu lieu. Malgré cela, il y avait certaines scènes qui, pour moi en tant que réalisateur, étaient essentielles. Censurer ou couper n’était tout simplement pas une option.
L’ombre de King Ghidorah et le retour de la famille Shikishima
Narrativement, l’intrigue reprend deux ans après la fin du film précédent, en 1949, dans un Japon d’après-guerre qui tente de panser ses plaies. Le pilote kamikaze repenti Kōichi Shikishima, incarné par Ryunosuke Kamiki, tente de retrouver une existence paisible aux côtés de sa femme Noriko, jouée par Minami Hamabe, et de leur fille adoptive Akiko, interprétée par Sae Nagatani. Mais cette fragile stabilité vole en éclats lorsqu’une nouvelle menace extraterrestre surgit.

Sans gâcher la surprise de l’introduction, la Tōhō a gardé secrète la présence de l’emblématique dragon doré à trois têtes, dont l’apparition dès la première scène du film bouscule l’Agence de réponse aux catastrophes dirigée par Dr Kenji Noda, repris par Hidetaka Yoshioka. Pour contrer ce péril d’une ampleur inédite, le scientifique s’entoure de la météorologue Makoto Aoyama, jouée par Masami Nagasawa, et du professeur Kanji Murakami, interprété par Min Tanaka.
Premiers retours critiques et une ambition IMAX inédite
Les prestations techniques et la profondeur émotionnelle du récit ont particulièrement marqué les esprits dans la grande salle de l’événement.

Godzilla Minus Zero est le meilleur film de suivi de la franchise à ce jour. La meilleure comparaison serait de dire qu’il s’agit du Parrain 2 par rapport au Parrain de Godzilla Minus One. La Tōhō devrait remporter un autre Oscar pour ce film. Il devrait être nommé pour le meilleur film.
Au-delà des critiques élogieuses saluant le poids dramatique et la charge émotionnelle du drame, le tournant industriel est notable. Le long métrage marque également la toute première production japonaise conçue spécifiquement pour les écrans IMAX.