Le Parlement letton a approuvé le 24 septembre 2026 une réduction temporaire des taxes sur les carburants afin d’atténuer la flambée des prix à la pompe. Cette mesure d’urgence, effective du 1er octobre à la fin de l’année, suscite des débats sur son coût budgétaire et son impact réel sur les automobilistes.
Face à une pression persistante sur les coûts énergétiques, la Saeima a adopté en deux lectures accélérées des modifications de la loi limitant la hausse des prix des produits pétroliers.
La baisse des taux d’accise sur le gazole et l’essence à partir du 1er octobre 2026
À compter du 1 octobre 2026, le taux temporaire de droit d’accise sur le gazole passe de 396 à 330 euros pour 1 000 litres. Dans le même temps, un tarif réduit de 490 euros pour 1 000 litres s’applique à l’essence sans plomb, d’après les détails publiés par l’agence UA.News. La mesure doit rester en vigueur jusqu’au 31 décembre 2026. L’excédentaire sur le diesel est ainsi réduit au niveau le plus bas autorisé par l’Union européenne, marquant la première baisse de la taxe sur l’essence au cours de cette période de hausse des prix, tandis que le Premier ministre avait évoqué au préalable une chute potentielle allant jusqu’à 20 centimes par litre.
Selon la commission du budget et des finances de la Saeima, dirigée par la présidente de commission Aiva Viksna selon UA.News, cette décote fiscale pourrait théoriquement faire baisser les prix de vente au détail d’environ huit centimes d’euro par litre, à condition toutefois que les distributeurs répercutent l’intégralité de la baisse sur les consommateurs. Du côté des détaillants en carburant, notamment l’Association lettone des détaillants de carburant, on rappelle toutefois que les stocks sur lesquels les taxes ont déjà été payées doivent d’abord être écoulés, tandis que le ministre de l’Économie Viktors Valainis a indiqué que ces modifications affectent les prix dans les stations-service avec un décalage et que pour obtenir une baisse immédiate, il faudrait réduire les taxes de manière encore plus marquée ou baisser la TVA.
Le financement de la mesure et les critiques régionales sur son coût
Le manque à gagner pour le budget général de l’État letton est estimé à 14,4 millions d’euros pour cette période de trois mois. Pour compenser cette perte, le gouvernement prévoit d’utiliser de manière ponctuelle des excédents de recettes provenant de la vente d’actifs confisqués dans le cadre d’affaires criminelles, les rentrées financières de cette année dépassant les prévisions initiales. D’après les informations rapportées par UA.News, ce dispositif est défini comme une mesure unique.

En Lituanie, le ministre des Finances Taurimas Valys a ainsi qualifié le choix letton de significantly too expensive
pour les finances publiques de son propre pays, soulignant qu’un dispositif similaire mis en place par le passé en Pologne avait coûté 115 millions d’euros sans être reconduit.
Les débats sur la taxe sur la valeur ajoutée et la position du Premier ministre
Le Premier ministre Andris Kulbergs a toutefois écarté net toute retouche de la taxe sur la valeur ajoutée, mettant en garde contre de potentielles sanctions de Bruxelles.

Nous ne pouvons pas être des hooligans qui baissent la TVA quand ils veulent pour l’augmenter ensuite. La Pologne a fait la même chose en mai, et ensuite ils ont été forcés de tout annuler. L’Espagne aussi. Vous voyez, si nous faisons cela, la prochaine fois que nous aurons besoin de trouver un accord avec Bruxelles concernant le budget, les fonds ou autre chose, nous entendrons en réponse : ‘Puisque vous vous comportez ainsi, nous ne ferons pas d’efforts pour vous !’
Des exemptions sectorielles ciblées pour l’agriculture et l’armée
Parallèlement à la baisse des accises, la Saeima a validé des modifications de la loi sur l’énergie des transports. Ces dispositions suppriment l’obligation d’incorporer des biocarburants dans le gazole destiné à l’agriculture et à la pêche, ce qui selon les auteurs du projet rapportés par UA.News devrait réduire les charges des exploitants de 0,03 à 0,15 euro par litre. Une dérogation similaire a été introduite pour le carburant stocké par les forces armées nationales et les troupes alliées afin d’en garantir le stockage à long terme et l’utilisation dans l’équipement militaire.
