L’écrivain français François-Henri Désérable revient sur le devant de la scène littéraire avec son cinquième roman, intitulé Le Palais, publié aux éditions Gallimard. Déjà en lice pour le prix Renaudot selon Le Figaro, l’ouvrage s’aventure dans l’univers exigeant du vin à travers une épopée romanesque qui mêle quête d’identité, revanche sociale et imposture. L’auteur, ancien hockeyeur professionnel ayant troqué la rondelle pour la plume, signe ici un récit d’apprentissage vinicole et viticole qui retient l’attention de la critique.
Un roman œnologique au cœur de la rentrée
L’idée de ce livre a germé un dimanche de juillet 2020 en Bourgogne, alors que François-Henri Désérable faisait du vélo au milieu des vignes et réalisait qu’il existait peu de romans consacrés au vin. L’auteur s’est également librement inspiré de la trajectoire de Rudy Kurniawan, un expert en œnologie condamné en 2014 à une peine de dix ans de prison et à verser 28,5 millions de dollars pour avoir contrefait des grands crus dans un laboratoire californien, ainsi que de la célèbre photographie Boy in Mid-Flight de Steve McCurry, comme le rapporte le Journal de Montréal.
L’ascension d’Arun Kumar et son palais absolu
Le récit retrace l’ascension et la chute d’Arun Kumar, né dans la misère d’un bidonville de New Delhi. Arrivé en France le 12 juillet 1998, jour historique de la victoire des Bleus à la Coupe du Monde de football, l’enfant de 8 ans est adopté par un couple de restaurateurs bourguignons, Cathy et Jean-Paul Amiot. Établi à Beaune, il se lie d’amitié avec la fille d’un vigneron local et se découvre un talent exceptionnel : un palais absolu.

Capable d’identifier à l’aveugle n’importe quelle bouteille et n’importe quel millésime, le jeune garçon développe une mémoire des arômes si infaillible qu’elle lui permet de détecter des centaines, voire des milliers de notes, surpassant de loin les experts traditionnels. Ce don prodigieux devient l’instrument de sa revanche contre le sort qui lui avait été assigné à la naissance. Le roman d’aventures entraîne ainsi le lecteur des caves de Bourgogne aux îles Marquises, en passant par les tours de Manhattan et l’Inde de son enfance.
Un travail d’écriture rigoureux et une réception contrastée
Pour bâtir cet univers complexe, l’écrivain a dû s’immerger dans une abondante documentation sur l’œnologie afin de transformer ses connaissances en matière romanesque sans alourdir le texte. Ayant jugé sa première version trop didactique, il a retranché plus de 150 pages pour épurer son style. Ce travail de longue haleine a d’ailleurs durablement modifié son rapport au vin, l’amenant à se montrer beaucoup plus exigeant lors de ses propres dégustations.
Tandis que l’ouvrage s’impose parmi les succès de la rentrée et bénéficie d’une large exposition médiatique — notamment lors d’une invitation de l’auteur sur le plateau de l’émission La Grande Librairie sur France 5 —, la réception critique demeure nuancée. Certains critiques saluent une fresque enivrante aux accents de conte moderne, tandis que d’autres estiment que l’assemblage narratif se révèle plus mesuré en bouche, confirmant la place de ce nouveau titre dans le paysage littéraire francophone.