Le Premier ministre canadien Mark Carney a déclaré cette semaine au New York Times qu’Ottawa avait examiné l’hypothèse d’une action militaire américaine, qualifiant cette éventualité de risque extrême. Ces déclarations interviennent sur fond de tensions commerciales croissantes et de différends douaniers entre les deux pays.
L’évaluation des risques extrêmes par le gouvernement canadien
Interrogé par le journal à New York en marge de l’Assemblée générale des Nations unies, le Premier ministre a confirmé que son administration s’était préparée à l’éventualité la plus lointaine d’une intervention des forces américaines. L’ancien gouverneur de la Banque du Canada et de la Banque d’Angleterre a insisté sur le fait qu’il s’agissait d’une démarche purement administrative.
« I think you have a responsibility in these roles to look at extreme tail risk. That’s just risk management. That’s not a base case, but it would be irresponsible not to. »
Mark Carney, Premier ministre du Canada
Le dirigeant de 61 ans n’a fourni aucun détail précis sur les mesures concrètes de défense préparées par Ottawa, laissant entier la question des dispositions militaires prises face à ce scénario qu’il qualifie lui-même de peu probable, selon les précisions apportées par la presse.
Tensions commerciales et surbâbord tarifaire entre Ottawa et Washington
Cette prise de parole publique s’inscrit dans un contexte de relations bilatérales particulièrement tendues sous la présidence de Donald Trump. Le mois dernier, le Canada a imposé des droits de douane de rétorsion oscillant sur plus de 20 milliards de dollars de marchandises américaines, incluant l’acier, l’aluminium, le bois d’œuvre et divers produits laitiers.

Les désaccords se sont également nourris d’incidents diplomatiques répétés, le président américain ayant par le passé qualifié à plusieurs reprises le Canada de « 51e État » et signé un décret modifiant le nom du lac Ontario en « lac America ». Parallèlement, des discussions d’ordre géopolitique ont rapproché Ottawa de l’Europe, notamment après une proposition de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, visant à faire du Canada un membre associé de l’Union européenne.
Canaux de communication directs et perspectives de négociation
Malgré l’escalade des représailles économiques et les déclarations provocatrices, Mark Carney a assuré qu’il continuait d’entretenir un dialogue direct et régulier avec le locataire de la Maison-Blanche.

Le chef du gouvernement canadien a ajouté que les échanges téléphoniques directs facilitaient la gestion des différends, affirmant qu’une voie de négociation commerciale reste possible si les deux nations parvenaient à rétablir des relations plus pacifiées et mutuellement bénéfiques.