Le rand sud-africain a baissé face au dollar, pénalisé par la hausse des cours pétroliers, un dollar ferme et des indicateurs économiques nationaux contrastés qui pèsent sur l’économie la plus industrialisée d’Afrique.
Évolution des taux de change et pression des marchés pétroliers
La devise sud-africaine a subi une série de reculs successifs sur les marchés des changes au cours de la période. Cette tendance baissière s’inscrivait dans le prolongement de la séance du 10 septembre, où la monnaie s’échangeait à 16,1750 pour un dollar à 13h00 GMT, soit un repli d’environ 0,8 %.
Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient et le conflit entre les États-Unis et l’Iran, amorcé le 28 février, continuent d’agiter les marchés mondiaux des matières premières. Cette flambée des prix de l’énergie a provoqué une hausse brutale des coûts d’importation pour le pays.
Contraste entre production minière et manufacturière
Les indicateurs intérieurs dressent un tableau mitigé de l’industrie sud-africaine. Selon les chiffres publiés par Statistics South Africa, la production minière a chuté de 7,5 % sur un an en juillet, une baisse bien plus prononcée que le recul de 2,8 % qu’anticipaient les analystes interrogés par Reuters. En revanche, la production manufacturière a réussi à progresser de 1,1 %, déjouant les pronostics qui tablaient sur une légère baisse de 1,6 %.
Ce décalage entre les différents secteurs productifs pèse directement sur les comptes extérieurs. La Banque de réserve d’Afrique du Sud (SARB) a indiqué que le pays a basculé dans un déficit de son compte courant au cours du deuxième trimestre, succédant à un excédent important enregistré durant les trois premiers mois de l’année.
Publications de la Banque de réserve et situation des obligations d’État
Les marchés surveillent de près les nouvelles statistiques institutionnelles. La SARB prévoyait de diffuser son bulletin trimestriel afin d’éclairer les investisseurs sur les flux de portefeuille et les investissements directs étrangers du deuxième trimestre. Ce document devait également apporter des éclaircissements sur la santé financière des ménages. À ce sujet, les économistes de Nedbank estiment que les budgets familiaux sont restés résilients malgré la persistance de la crise énergétique.
Sur le plan obligataire, les titres souverains affichent des trajectoires variables. L’emprunt d’État de référence à échéance 2035 s’était affaibli le 10 septembre avec une progression de son rendement de 3 points de base pour s’établir à 8,705 %, avant de se renforcer fin septembre où son rendement a reculé de 2,5 points de base pour s’établir à 8,89 %. Parallèlement, l’indice Top-40 de la Bourse de Johannesburg a reculé de 1,6 % lors des premières tensions du mois.