À Dallas, un collégien de 12 ans a construit un réacteur à fusion nucléaire fonctionnel dans une pièce de sa maison familiale. Aiden McMillan a soumis un dossier au Guinness World Records pour devenir la plus jeune personne à réaliser une telle fusion.
Deux ans de recherches théoriques et l’aval parental
Pendant la pandémie, Aiden McMillan tombe sur des articles et des vidéos traitant de la fusion nucléaire, s’engageant alors dans une observation assidue de ce domaine scientifique. Élève du Dallas Independent School District, l’adolescent passe deux années entières à enchaîner les lectures théoriques et l’évaluation des risques avant d’assembler le moindre composant, conformément à la condition stricte posée par ses parents.
Le fusor de type Farnsworth–Hirsch et le soutien du Launchpad
Une fois le feu vert de sa famille obtenu, la construction de l’appareil s’organise dans une pièce dédiée de la maison ainsi qu’au Launchpad, un makerspace collaboratif à but non lucratif de West Dallas. Ce lieu d’atelier fournit les pompes à vide, l’instrumentation et les conseils techniques nécessaires que sa famille ne pouvait pas lui offrir directement. Le dispositif mis au point est un fusor de type Farnsworth–Hirsch fonctionnant sur le principe du confinement électrostatique inertiel.
Injection de deutérium et détection des neutrons
Le fonctionnement repose sur l’injection de deutérium, un isotope de l’hydrogène, à l’intérieur d’une chambre à vide. Une haute tension accélère ensuite les ions en direction d’une grille centrale. Lorsque deux ions se percutent avec suffisamment de force, ils fusionnent et éjectent un neutron. Si le fusor produit visuellement une lueur violette de plasma, cette manifestation visuelle ne constitue pas une preuve suffisante. Comme le résume les neutrons sont la seule preuve honnête
qu’une réaction de fusion s’est produite, selon Futura Sciences.
Bilan énergétique et précautions face aux rayons X
Après quatre années de travail de préparation et de montage, le dispositif du jeune collégien a effectivement détecté des neutrons caractéristiques de la fusion, atteignant l’énergie attendue comparable à celle observée en laboratoire professionnel. L’appareil consomme toutefois davantage d’énergie qu’il n’en produit et ne peut en aucun cas alimenter une habitation.
Une lignée de pionniers précoces dans les pas de Taylor Wilson et Jackson Oswalt
Côté sécurité, le réacteur ne présente pas de risque d’explosion semblable à celui d’une centrale nucléaire ou de production de déchets radioactifs massifs, la réaction s’interrompant instantanément dès que le courant est coupé. Les dangers réels proviennent de la haute tension et des rayons X émis lorsque les électrons frappent les parois, rendant l’utilisation d’un blindage et de dosimètres indispensable. Aiden McMillan s’inscrit ainsi dans la lignée de pionniers précoces tels que Taylor Wilson, qui avait construit un fusor fonctionnel à l’âge de 14 ans dans le garage familial en 2008, et Jackson Oswalt, un Américain de Memphis qui a réalisé une fusion en 2018 quelques heures avant ses 13 ans.