Le président Bassirou Diomaye Diakhar Faye a installé mardi 29 septembre 2026 au Grand Théâtre de Dakar le Conseil consultatif des Jeunes du Sénégal. Le chef de l’État a invité la nouvelle génération à maîtriser l’intelligence artificielle pour réduire les inégalités d’accès au savoir, tout en préservant ses valeurs et son héritage culturel.
L’installation officielle du Conseil consultatif des Jeunes du Sénégal, promis le 30 mars dernier à Thiès, s’est déroulée ce mardi au Grand Théâtre de Dakar. Cet nouvel organe se positionne comme l’interlocuteur privilégié de l’État pour l’ensemble des questions touchant la jeunesse, lui offrant une place active dans les décisions politiques la concernant, selon les informations publiées par la présidence sénégalaise.
Les défis de l’intelligence artificielle face à la jeunesse sénégalaise
Dans son allocution devant les jeunes conseillères et conseillers, le président Bassirou Diomaye Diakhar Faye a présenté l’intelligence artificielle comme une opportunité majeure et un bouleversement profond du monde du travail, de la connaissance et de l’information. Loin d’encourager une approche craintive de la technologie, le chef de l’État a incité la jeunesse à s’en emparer directement pour participer à sa conception.
Cette technologie pourrait notamment servir à réduire les inégalités d’accès au savoir. Le président a cité des exemples concrets, évoquant un agriculteur capable d’obtenir des réponses dans sa langue sur les maladies de ses cultures, ou encore un élève résidant loin des grands centres urbains pouvant consulter des outils pédagogiques de haut niveau. Toutefois, il a rappelé que ces transformations modifieront l’emploi, provoquant la disparition de certains métiers ou l’émergence de nouvelles professions encore absentes des programmes scolaires actuels.
Je ne veux pas d’une jeunesse sénégalaise cliente de l’intelligence des autres.
Bassirou Diomaye Diakhar Faye, Président de la République
Face à cette dépendance technologique potentielle, le président a appelé à la formation d’ingénieurs, de linguistes, de juristes et d’entrepreneurs locaux aptes à concevoir des solutions adaptées aux réalités du Sénégal et à ses langues nationales.
La préservation des valeurs et de l’héritage culturel
Au-delà de la simple maîtrise technique, le chef de l’État estime que l’enjeu primordial réside dans la sauvegarde de ce qui caractérise l’être humain face à la machine : le courage, la responsabilité, la parole donnée, la solidarité ainsi que le sens du devoir.
Quand une machine saura tout, que restera-t-il à l’homme ?
Bassirou Diomaye Diakhar Faye, Président de la République
En s’appuyant sur les enseignements des traditions initiatiques sénégalaises, il a mis l’accent sur l’apprentissage de la responsabilité collective. Il a également mis en garde contre plusieurs écueils, notamment le renoncement à l’action, l’excès de dépendance envers les machines, la propagation du faux et l’imitation de modèles étrangers au détriment des repères culturels locaux. Pour le président, la jeunesse doit exploiter la technologie en tant qu’outil sans lui déléguer sa faculté de réflexion, rappelant qu’un esprit inactif s’éteint de la même manière qu’un bras que l’on ne soulève plus.