Les États-Unis ont durci mardi leurs sanctions contre Cuba, imposant de nouvelles restrictions financières qui visent notamment le secteur privé naissant et les transactions bancaires. Ces mesures, effectives ce mercredi, révoquent des autorisations accordées en 2024 et limitent davantage les voyages professionnels et culturels sur l’île.
Nouvelles restrictions sur les transactions financières
Le Département du Trésor américain, via le Bureau de contrôle des avoirs étrangers (OFAC), a annoncé un renforcement significatif de son régime de sanctions contre Cuba.
L’une des mesures les plus marquantes est la suppression de l’autorisation dite U-Turn transaction
. Jusqu’à présent, cette règle permettait aux banques américaines de traiter des paiements en dollars impliquant Cuba, à condition que l’origine et la destination des fonds se situent hors du territoire américain et n’impliquent aucun ressortissant des États-Unis.
Impact sur le secteur privé cubain et les entrepreneurs
Les restrictions touchent également directement les entrepreneurs indépendants cubains. L’administration américaine a révoqué l’autorisation qui permettait aux banques des États-Unis d’ouvrir et maintenir des comptes au nom d’entrepreneurs privés cubains. Cette mesure, mise en place en 2024 sous la présidence de Joe Biden pour soutenir l’émergence d’un secteur privé sur l’île, est désormais caduque.
Réactions de La Havane face à la pression accrue
Le ministre cubain des Affaires étrangères, Bruno Rodriguez, a vivement dénoncé ces mesures sur le réseau social X. Il a qualifié ces actions de nouvelles mesures de blocus
visant à entraver le processus de transformations économiques lancé en juin par La Havane. Le ministre a souligné le paradoxe de la politique américaine, affirmant que Washington s’attaque ouvertement tant au secteur public qu’au secteur privé
, alors même que certains responsables américains prétendent vouloir favoriser le développement de ce dernier.
Le gouvernement cubain souligne que cette pression accrue de Washington aggrave une crise économique et énergétique déjà sévère, marquée par des pénuries de carburant et des pannes d’électricité récurrentes. Parallèlement, le président Donald Trump a maintenu l’embargo commercial jusqu’au 14 septembre 2027, qualifiant Cuba, située à 150 kilomètres des côtes de la Floride, de menace extraordinaire
pour la sécurité nationale américaine, tout en menaçant de prendre le contrôle
de l’île.
Réduction des voyages et échanges culturels
Le nouveau règlement de l’OFAC restreint également les voyages autorisés pour les ressortissants américains. Les déplacements liés aux échanges culturels dits people-to-people
, ainsi que les conférences et réunions professionnelles, sont désormais soumis à une autorisation préalable. Ces mesures réduisent les exceptions qui avaient été introduites sous l’administration de Barack Obama, marquant une nouvelle étape dans le refroidissement des relations diplomatiques et humaines entre les deux pays.
| Indicateur économique | Données récentes |
|---|---|
| Importations cubaines (juillet) | 149 millions de dollars |
| Importations (janvier-juillet) | 674 millions de dollars |
Malgré le durcissement des sanctions, les données du Bureau américain du recensement montrent que les importations cubaines en provenance des États-Unis avaient atteint un niveau record en juillet, avec 149 millions de dollars de marchandises, soit le chiffre mensuel le plus élevé depuis 1992. Entre janvier et juillet, les achats se sont élevés à 674 millions de dollars, soit presque la totalité du volume enregistré pour l’année 2025.