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À Gaza, le Hamas cherche à renforcer sa position en s’alliant avec ses rivaux de l’OLP

Dans une volte-face surprenante, le Hamas, après des années de conflit avec ses rivaux palestiniens, tend la main à d'autres factions en vue de participer à la future gouvernance de la bande de Gaza. Cette initiative intervient alors…

À Gaza, le Hamas cherche à renforcer sa position en s’alliant avec ses rivaux de l’OLP

Dans une volte-face surprenante, le Hamas, après des années de conflit avec ses rivaux palestiniens, tend la main à d’autres factions en vue de participer à la future gouvernance de la bande de Gaza. Cette initiative intervient alors que les États-Unis cherchent à obtenir un soutien international pour un plan de stabilisation de la région.

Dix factions palestiniennes, dont le Hamas et le Jihad islamique, se sont réunies au Caire ces dernières semaines pour tenter de parvenir à une position commune concernant le plan de paix proposé par l’administration américaine. L’objectif principal est de garantir une participation palestinienne active à la reconstruction et à la gestion de Gaza après le cessez-le-feu.

Selon des observateurs, ce rapprochement du Hamas est motivé par le désir d’éviter une nouvelle escalade du conflit et de s’assurer que les intérêts palestiniens soient pris en compte dans les projets internationaux pour Gaza. « Ces factions se réunissent pour unifier leurs visions afin de mettre en œuvre le plan Trump », a déclaré Dimitri Diliani, porte-parole du Bloc de la réforme démocratique, participant aux négociations. « Le plus important maintenant est de faire en sorte que le plan Trump fonctionne et que le cessez-le-feu soit respecté. »

Les discussions portent notamment sur la formation d’un groupe de technocrates palestiniens, apolitiques, chargés d’administrer Gaza, de fournir des services essentiels et de superviser la reconstruction des infrastructures détruites. La création d’une force de police palestinienne pour assurer la sécurité de la bande de Gaza est également à l’étude. Un participant aux pourparlers les a qualifiés de « constructifs ».

Un projet de résolution soumis mercredi aux Nations unies par les États-Unis, avec un large soutien arabe, prévoit notamment un mandat de deux ans pour une force de sécurité internationale et une administration provisoire à Gaza, ouvrant la voie à une éventuelle autonomie palestinienne.

L’un des points les plus délicats des négociations concerne le désarmement du Hamas. Le groupe islamiste, selon une source proche du mouvement, ne serait disposé à remettre ses armes qu’à une entité palestinienne légitime, et non à une force d’occupation étrangère. « Le Hamas préfère mourir plutôt que de donner l’impression de se rendre à Israël », a affirmé Mohammed Daraghmeh, chef du bureau d’Asharq News dans les territoires palestiniens. « Ils préfèrent remettre leurs armes à un gouvernement palestinien d’unité. »

Parallèlement aux pourparlers entre factions, des négociations directes ont lieu au Caire entre des représentants du Hamas et du Fatah, le parti dominant au sein de l’Autorité palestinienne. Ces discussions visent à définir le rôle du comité de technocrates, l’étendue de l’influence de l’Autorité palestinienne sur Gaza et les modalités du désarmement du Hamas.

Le Premier ministre du Qatar, Mohammed bin Abdulrahman Al Thani, a souligné que l’objectif est de garantir que le comité de technocrates soit « apolitique, qu’il s’occupe de Gaza pendant cette période de transition et qu’il soit lié d’une manière ou d’une autre à l’Autorité palestinienne ». Il a ajouté que « les Palestiniens devraient prendre ensemble la gouvernance de Gaza et de la Cisjordanie. »

Cependant, l’accord pourrait être compromis par la position de Mahmoud Abbas, président de l’Autorité palestinienne et de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP). Selon des sources, M. Abbas attendrait davantage de concessions du Hamas, estimant que celui-ci devrait rejoindre l’Autorité palestinienne, accepter de désarmer, adhérer à l’OLP et s’engager en faveur de la non-violence et du respect des accords d’Oslo.

« L’Autorité et le Fatah sous Mahmoud Abbas pensent qu’ils ont tout le pouvoir », a déclaré l’analyste politique Hani al-Masri. « Mais c’est une grave erreur d’interprétation de la situation. Le moment est venu d’agir et de trouver des solutions proactives. Ce n’est pas ce que nous constatons. » Tout accord nécessitera l’approbation de l’OLP en tant que seul représentant légitime du peuple palestinien, une approbation qui pourrait être bloquée par M. Abbas.

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.