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Accord Iran-US fragilisé par violences au Liban

Le protocole d'accord entre l'Iran et les États-Unis, signé le 17 juin 2026, vacille face à une recrudescence de violences au Liban. Alors que les négociations nucléaires prévues en Suisse sont reportées, des frappes israéliennes dans le sud…

Escalade de la violence au Liban et violations du cessez-le-feu

Le protocole d’accord entre l’Iran et les États-Unis, signé le 17 juin 2026, vacille face à une recrudescence de violences au Liban. Alors que les négociations nucléaires prévues en Suisse sont reportées, des frappes israéliennes dans le sud du Liban ont fait au moins 21 morts, menaçant l’application immédiate du cessez-le-feu.

Escalade de la violence au Liban et violations du cessez-le-feu

Escalade de la violence au Liban et violations du cessez-le-feu
Les combats intensifs qui secouent le sud du Liban mettent en péril la trêve négociée par le Qatar, les États-Unis et l’Iran. Selon les informations rapportées par lequotidien.com, l’armée israélienne a frappé des cibles au sud et à l’est du pays durant la nuit, entraînant la mort d’au moins 21 personnes et faisant 39 blessés, d’après un bilan provisoire du ministère libanais de la Santé. De son côté, l’armée israélienne a confirmé la perte de quatre de ses soldats, dont un lieutenant-colonel, lors d’une attaque contre un char. Israël a par la suite ciblé ce qu’il a qualifié de sites d’infrastructure du Hezbollah, accusant le groupe militant de violations flagrantes de l’accord de cessez-le-feu. Le Hezbollah a reconnu avoir pris pour cible des chars israéliens, affirmant que ses actions constituaient une riposte aux attaques israéliennes. Cette instabilité sur le terrain est d’autant plus critique que le Hezbollah, allié de Téhéran, a manifesté sa volonté de protéger ses intérêts régionaux, quitte à risquer une reprise de la guerre. L’accord provisoire, qui devait garantir la souveraineté et l’intégrité territoriale du Liban, semble aujourd’hui incapable de contenir les hostilités.

Report des négociations nucléaires en Suisse

Le climat de tension militaire a directement impacté le volet diplomatique de la crise. Le gouvernement suisse a annoncé le report sine die des négociations entre Téhéran et Washington, qui devaient pourtant débuter ce vendredi dans un hôtel du Bürgenstock. Ces discussions visaient à lancer un processus de 60 jours pour traiter la question centrale du programme nucléaire iranien. Comme l’indique Radio-Canada, l’incertitude a été renforcée par l’annulation du déplacement du vice-président américain, J.D. Vance, ainsi que par l’absence des responsables iraniens. Ces derniers ont insisté sur le fait que les combats au Liban devaient cesser avant toute reprise des pourparlers. Malgré ce blocage, le ministère suisse des Affaires étrangères a précisé que les travaux préparatoires se poursuivaient et que la Suisse restait disposée à faciliter de futures discussions. Un médiateur pakistanais doit toutefois tenir une réunion d’urgence en Égypte ce dimanche avec plusieurs pays de la région pour tenter de débloquer la situation.

Les composantes économiques du protocole d’accord

Le Liban frappé par Israël, deux jours après la signature du protocole d’accord Etats-Unis – Iran
Le mémorandum d’entente, signé électroniquement le 17 juin 2026 par les présidents Donald Trump et Massoud Pezeshkian, repose sur des concessions économiques majeures. D’après les analyses de Le Devoir, l’accord prévoit la levée du blocus naval américain et l’octroi de dérogations immédiates pour les exportations pétrolières iraniennes ainsi que pour les services bancaires et de transport associés. Le contenu de l’accord inclut également :
  • Le dégel des avoirs de l’Iran.
  • La création d’un fonds de reconstruction estimé à au moins 300 milliards de dollars.
  • La réouverture du détroit d’Ormuz à la navigation internationale.
  • L’engagement de l’Iran à ne pas fabriquer l’arme nucléaire, reprenant les termes de l’accord de 2015.
Toutefois, la mise en œuvre de ces mesures rencontre déjà des obstacles. Une nouvelle autorité iranienne chargée de superviser le détroit d’Ormuz a publié des directives demandant aux navires de s’enregistrer auprès d’elle, laissant présager une volonté de Téhéran de percevoir de nouvelles redevances de navigation.

Coûts de la guerre et instabilité du détroit d’Ormuz

Au-delà de la diplomatie, l’impact financier du conflit amorcé le 28 février dernier est colossal. Alors que le Pentagone évaluait le coût de la guerre à 29 milliards de dollars à la mi-mai 2026, plusieurs experts estiment que la facture totale pourrait atteindre entre 60 et 70 milliards de dollars. L’objectif de stabiliser les prix de l’énergie semble également incertain. Le Qatar a indiqué qu’il faudrait compter entre trois et cinq ans avant que sa production pétrolière ne retrouve ses niveaux d’avant-guerre. Parallèlement, les primes de risque exigées par les assureurs maritimes pourraient maintenir une pression élevée sur les coûts de transport. L’incertitude demeure totale quant à la pérennité de l’accord. Le guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, a exprimé des réserves sur les négociations à venir, soulignant que les discussions en face-à-face ne garantissaient pas l’acceptation des points de vue de l’adversaire. Cette position, combinée à la reprise des hostilités au Liban, place la communauté internationale face à un risque de reprise généralisée des affrontements dans la région.

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Coûts de la guerre et instabilité du détroit d'Ormuz
Photo: lequotidien.com

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.