Le gouvernement de la Colombie-Britannique a intenté le 21 septembre 2026 une action en justice contre OpenAI devant un tribunal fédéral en Californie. La province reproche à l’entreprise d’avoir omis d’alerter les autorités après que son robot conversationnel ChatGPT eut détecté des menaces de violence liées à la fusillade de Tumbler Ridge.
La province canadienne de la Colombie-Britannique a porté plainte contre OpenAI et son directeur général Sam Altman devant un tribunal fédéral américain, estimant que la tragédie de Tumbler Ridge aurait pu être évitée. L’action judiciaire, menée conjointement avec le conseil scolaire de SD59 Peace River South, met en cause les responsabilités de technology companies when they become aware of credible threats of serious violence, selon les termes employés par la procureure générale Niki Sharma lors de son annonce officielle.
Les détails de la fusillade et le signalement ignoré de ChatGPT
Le drame s’est noué le 10 février 2026. L’auteure des faits, Jesse Van Rootselaar, âgée de 18 ans, a tué sa mère et son beau-frère à son domicile avant de se rendre dans son ancienne école secondaire, le Tumbler Ridge Secondary school. Sur place, la tireuse a abattu un assistant pédagogique et cinq élèves âgés de 12 à 13 ans, avant de mettre fin à ses jours avec une arme à feu, d’après les rapports de police cités dans les documents judiciaires.
Quelques mois avant l’attaque, en juin 2025, les équipes de sécurité d’OpenAI avaient repéré des interactions de la jeune femme évoquant la violence par arme à feu sur la plateforme ChatGPT. Bien que le compte initial ait été désactivé par l’entreprise, les informations n’ont pas été transmises aux forces de l’ordre locales ni à la Gendarmerie royale du Canada, une décision que la province qualifie de manquement critique à la sécurité publique.
L’action conjointe de la Colombie-Britannique et les poursuites des familles
L’État provincial réclame des dommages-intérêts pour couvrir les dépenses considérables engagées à la suite du drame, incluant les services de soutien psychologique, les interventions d’urgence et la reconstruction complète du bâtiment scolaire, qui a dû être démoli. Le dossier juridique s’ajoute à une série de procédures distinctes intentées par plus de 30 familles de victimes et de survivants devant la même juridiction fédérale en Californie.

Parmi ces nouvelles plaintes civiles figurent des témoignages poignants d’enseignants et d’élèves qui se sont barricadés pendant des heures. L’avocat Jay Edelson, qui représente les plaignants dans les actions civiles, a décrit l’impact psychologique dévastateur de ces événements sur les survivants et le personnel de l’établissement.
La réponse d’OpenAI face aux accusations de negligence
La direction d’OpenAI a défendu sa gestion de la situation par la voix de ses dirigeants. O’Leary a expliqué que l’entreprise avait fermé le compte en juin 2025 après qu’un système automatisé eut détecté une infraction aux règles d’utilisation. Selon l’évaluation menée à l’époque, la discussion n’avait pas atteint le seuil critique exigeant un signalement immédiat aux services de police.

Le dirigeant d’OpenAI avait présenté ses excuses aux familles des victimes dans une lettre ouverte diffusée en avril.
Les demandes de transparence et le refus de divulguer les historiques
La procureure générale Niki Sharma a déploré le refus de l’entreprise technologique de remettre l’intégralité des échanges textuels enregistrés entre le chatbot et l’auteure de la fusillade.
« We have asked OpenAI to disclose these chats. They have refused. We should all be asking them: Why? »
Niki Sharma, procureure générale de la Colombie-Britannique
L’enquête criminelle menée par les autorités de la Colombie-Britannique se poursuit parallèlement pour déterminer l’ensemble des circonstances de la tragédie, tandis que le coroner en chef de la province a exigé la tenue d’une enquête publique pour faire pleine lumière sur les failles institutionnelles et techniques ayant précédé le drame.