Le président Donald Trump a signé mercredi 17 juin 2026 un mémorandum d’entente avec l’Iran pour mettre fin aux hostilités. Cet accord, médié par le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, prévoit l’ouverture immédiate du détroit d’Ormuz et la levée des sanctions sur le pétrole iranien en échange d’engagements nucléaires.
La signature s’est déroulée dans un cadre symbolique : Donald Trump a apposé sa signature sur une copie physique du document lors d’un dîner avec le président français Emmanuel Macron au château de Versailles. À Téhéran, le président Masoud Pezeshkian a signé l’accord, selon l’agence de presse officielle IRNA. Ce geste intervient après plusieurs jours d’opacité, alors que des versions numériques avaient été signées durant le week-end par Trump et le vice-président JD Vance, comme l’a rapporté l’Associated Press.
“Ce n’était pas facile.”
Donald Trump, président des États-Unis
Les clauses du mémorandum d’entente d’Islamabad
Le document, officiellement intitulé « Islamabad Memorandum of Understanding between the United States of America and the Islamic Republic of Iran », se compose de 14 points. Son objectif immédiat est la cessation totale des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban, tout en garantissant la souveraineté et l’intégrité territoriale de ce dernier.
L’accord prévoit un calendrier strict pour la normalisation maritime. Les États-Unis doivent lever leur blocus naval dans un délai de 30 jours. En contrepartie, l’Iran s’engage à assurer le passage sécurisé et gratuit des navires commerciaux entre le golfe Persique et la mer d’Oman pendant une période de 60 jours.
Sur le plan nucléaire, Téhéran s’engage à ne jamais posséder d’arme nucléaire. Le texte mentionne une « méthodologie minimale » pour neutraliser le stock d’uranium hautement enrichi de l’Iran. C’est un point technique absent des versions préliminaires du texte, soulignant un durcissement ou une précision des exigences américaines.
L’enjeu financier : le fonds de 300 milliards de dollars
Photo: apnews.com
L’un des points les plus discutés concerne la création d’un fonds de 300 milliards de dollars destiné à la « reconstruction et au développement économique » de l’Iran, selon la BBC. Toutefois, une nuance cruciale apparaît : les États-Unis ne sont pas tenus de contribuer financièrement à ce montant.
Cette structure transforme l’aide économique en un levier de pression. Un haut responsable de l’administration américaine a décrit l’accord comme un mécanisme modulable.
“C’est fondamentalement un accord qui nous permet d’ouvrir immédiatement le détroit d’Ormuz, d’engager les Iraniens à détruire la poussière nucléaire, et qui nous donne ensuite un curseur : si les Iraniens augmentent leur bon comportement, nous répondons en augmentant le type d’allégements économiques et de sanctions qui peuvent faire d’eux un pays plus prospère.”
Haut responsable de l’administration américaine
Une victoire immédiate pour Téhéran
L’analyse des termes montre que l’Iran obtient des gains tangibles et immédiats. Washington a levé les sanctions américaines sur les ventes de pétrole, permettant à Téhéran de commercer librement dès la signature. C’est une concession majeure qui injecte des liquidités rapides dans l’économie iranienne avant même que les détails techniques du programme nucléaire ne soient finalisés.
En comparaison, les États-Unis obtiennent des promesses de désescalade et une ouverture du transit maritime, mais le retrait total des forces américaines à proximité de l’Iran n’interviendra qu’après la conclusion d’un accord final.
Le compte à rebours des 60 jours
Ce mémorandum n’est qu’une étape. Il déclenche une fenêtre de négociation de 60 jours pour parvenir à un accord définitif sur l’avenir du programme nucléaire iranien. Ce délai peut être prolongé si les deux parties sont d’accord.
L’incertitude demeure quant à la stabilité de ce cessez-le-feu. Bien que le Premier ministre Shehbaz Sharif ait affirmé que l’accord prend « effet immédiat », Donald Trump a laissé entendre que la possibilité de reprendre les attaques restait ouverte si les conditions n’étaient pas respectées.
Le flou persiste également sur la diplomatie entourant l’événement. Alors que la Maison Blanche envisageait initialement une cérémonie officielle en Suisse ce vendredi, des informations contradictoires provenant des États-Unis, de l’Iran et du Pakistan rendent l’organisation de cet événement incertaine.
Nicolas Lefèvre couvre l’actualité française, de la vie politique aux questions sociales et économiques. Il privilégie les explications claires, les faits datés et les informations directement utiles au lecteur.