Publié le 15 décembre 2023 à 14h30. L’ancien député Mohammed Moquim a été expulsé du Congrès indien après avoir critiqué publiquement le leadership du parti et plaidé pour un renouvellement générationnel, ravivant les tensions internes au sein de la formation politique.
Le parti du Congrès a annoncé lundi l’expulsion de Mohammed Moquim, ancien représentant de l’État d’Odisha, quelques jours après qu’il ait adressé une lettre à Sonia Gandhi, figure emblématique du parti, remettant en question la pertinence de la direction actuelle. L’AICC (All India Congress Committee), l’instance décisionnelle du Congrès, a justifié cette décision par des « activités anti-parti », sans toutefois détailler les faits reprochés à l’élu.
Selon un communiqué publié par le Comité du Congrès d’Odisha Pradesh (OPCC), « l’AICC a approuvé la proposition d’expulsion de Sri Md. Moquim de la liste des principaux membres du parti, en raison d’activités anti-parti ». Cette décision intervient après que Moquim ait exhorté Sonia Gandhi à envisager de promouvoir des « jeunes dirigeants » au sein du parti, estimant que le Congrès traversait une période difficile.
Dans sa lettre, l’ancien député avait exprimé ses préoccupations quant à l’âge du président de l’AICC, Mallikarjun Kharge, suggérant que le parti avait besoin d’un nouveau souffle.
« J’ai écrit une lettre à Sonia Gandhi déclarant que le parti traverse une phase difficile et a besoin de ses conseils et d’un nouveau leadership… L’âge n’est pas du côté du président de l’AICC, Mallikarjun Kharge… Nous devrions présenter de jeunes dirigeants. »
Mohammed Moquim
Il avait également souligné les récents revers électoraux du Congrès dans plusieurs États, notamment au Bihar, à Delhi, dans l’Haryana, au Maharashtra et au Cachemire, les attribuant à des « mauvaises décisions » et à un « mauvais choix de direction ».
Les critiques de Moquim ont suscité de vives réactions au sein du parti. Bhakta Das, le chef de l’OPCC, a même accusé l’ancien député de tenir des propos similaires à ceux du BJP (Bharatiya Janata Party), le principal parti d’opposition.
« Ceux qui contestent la direction du parti devraient immédiatement rejoindre le BJP. »
Bhakta Das
La lettre de Moquim détaillait les faiblesses organisationnelles du Congrès, pointant du doigt une « déconnexion profonde et croissante » entre la direction du parti et la jeunesse indienne. Il s’interrogeait également sur la pertinence des décisions prises et sur la capacité de la direction à comprendre l’ampleur de la crise.
« Des questions douloureuses se posent : les décisions sont-elles prises avec sérieux ? Les responsabilités sont-elles confiées aux bonnes personnes ? La direction mesure-t-elle pleinement la gravité de cette crise, ou laissons-nous le déclin du Parti se poursuivre sans contrôle ? »
Mohammed Moquim
Le BJP n’a pas tardé à réagir à ces dissensions internes, Shehzad Poonawalla estimant que le Congrès était divisé entre « l’équipe Priyanka » et « l’équipe Rahul ».
Ce n’est pas la première fois que Moquim est au centre d’une controverse. Il avait été suspendu en juillet 2023 pour avoir remis en question la direction locale du parti, une suspension qui avait été levée en janvier 2024, à l’approche des élections simultanées à l’Assemblée et au Lok Sabha. Il avait également reçu un avertissement en juillet 2022 pour avoir voté en faveur du candidat de la NDA (National Democratic Alliance) à l’élection présidentielle, Droupadi Murmu. L’ancien député de Barabati-Cuttack, dont le siège est désormais occupé par sa fille Sofia Firdous, avait été disqualifié de se présenter aux élections de 2024 suite à une condamnation pour corruption en septembre 2022.