Le ministre en chef du Selangor, Amirudin Shari, annonce que le gouvernement de l’État et Bersatu négocient un accord de confiance et de fourniture d’approvisionnement avant le dépôt du budget, prévu en novembre. Cette démarche suscite des tensions au sein de l’opposition.
Les discussions en cours autour d’un éventuel accord de coopération entre le gouvernement du Selangor et le parti Bersatu mettent en lumière des divisions profondes au sein de la classe politique malaisienne. Les pourparlers s’inspirent de l’expérience fédérale passée entre le Pakatan Harapan et le gouvernement de l’époque sous la direction de Datuk Seri Ismail Sabri.
Tensions au sein de Bersatu et passes d’armes entre dirigeants
L’annonce de ce rapprochement a provoqué des vagues à l’intérieur même de Bersatu. Le membre du conseil suprême du parti, le Dr Afif Bahardin, a vivement réagi aux critiques formulées par le vice-président suspendu Ronald Kiandee. Ce dernier avait accusé d’anciens dirigeants du PKR passés chez Bersatu, dont Afif, le secrétaire général Azmin Ali et le chef de la jeunesse Hilman Idham, d’avoir orchestré cette entente avec le Pakatan Harapan.

En retour, Afif a rejeté ces accusations et pointé du doigt les manœuvres passées de Ronald. Selon lui, le député de Beluran aurait cherché à rapprocher Perikatan Nasional d’Umno et du président Ahmad Zahid Hamidi après la défaite de Barisan Nasional en 2018.
« Ronald était de BN. Il a rejoint Bersatu après la défaite de BN en 2018, et plus tard, lorsque Bersatu et PN n’étaient plus au gouvernement, il s’est efforcé de rapprocher PN de Zahid. »
Dr Afif Bahardin, membre du conseil suprême de Bersatu, via Malaysiakini
Des élus pris de court par les négociations
L’absence de concertation interne suscite également la grogne de certains représentants de l’assemblée législative. La députée de Permatang, Nurul Syazwani Noh, a exprimé sa surprise face à ces pourparlers très avancés, affirmant qu’elle n’avait pas été informée des tractations en cours.

« (La direction de Bersatu au Selangor) n’aurait pas dû prendre de décision unilatérale en s’attendant à ce que les députés emboîtent le pas et acceptent ce qui a été décidé en leur nom. »
Nurul Syazwani Noh, députée de Permatang, via Free Malaysia Today
Tout en affirmant qu’elle ne voyait pas d’inconvénient à collaborer avec le gouvernement en place pour le bien de la population, elle a insisté sur la nécessité de préserver le rôle de l’opposition comme instrument de contrôle et d’équilibre. Travailler ensemble pour le peuple ne doit pas signifier renoncer à notre rôle d’opposition
, a-t-elle ajouté.
Principes idéologiques et perspectives électorales
Du côté des partisans de l’accord, le Dr Afif Bahardin soutient qu’une telle coopération doit reposer sur des bases programmatiques solides. Interrogé sur la possibilité de travailler avec le DAP, composante majeure du Pakatan Harapan, il a reconnu l’existence de divergences politiques tout en soulignant la nécessité de dégager des dénominateurs communs.
« Mais finalement, pour former cette coalition, nous devons trouver les points communs : ce dont nous pouvons discuter et ce sur quoi nous pouvons travailler. »
Dr Afif Bahardin, membre du conseil suprême de Bersatu, via The Rakyat Post
L’assemblée du Selangor compte actuellement 56 sièges, répartis entre 32 élus du Pakatan Harapan, 11 de Bersatu, 10 de PAS, deux de Barisan Nasional et un indépendant.