Publié le 14 novembre 2025 à 06h25. L’avocate internationale Amal Clooney et son mari, l’acteur George Clooney, ont rencontré le président philippin Ferdinand Marcos Jr. à Manille pour discuter de la liberté de la presse et de la protection des journalistes, dans un contexte de préoccupations persistantes concernant les poursuites judiciaires à l’encontre des médias.
- Amal Clooney a souligné l’importance de dépénaliser la diffamation aux Philippines, une pratique souvent utilisée pour intimider les journalistes.
- Les Clooney participent au Sommet du bien social de Rappler, un événement majeur consacré aux enjeux sociaux et à la liberté d’expression.
- Ils ont rencontré Maria Ressa, journaliste lauréate du prix Nobel de la paix, et son équipe, pour discuter des défis auxquels sont confrontés les médias philippins.
La rencontre avec le président Marcos et la Première dame Liza Araneta-Marcos a porté sur la situation des journalistes philippins, notamment ceux qui ont été poursuivis en justice sous l’administration précédente de Rodrigo Duterte. Amal Clooney a exprimé sa gratitude pour l’accueil chaleureux et a qualifié la discussion d’« extrêmement productive ».
« J’espère que les poursuites contre les journalistes aux Philippines seront résolues conformément au droit à la liberté d’expression inscrit dans la constitution et les traités qu’ils ont ratifiés. »
Amal Clooney, avocate
La question de la diffamation pénale a été au cœur des échanges, Mme Clooney rappelant que cette pratique constitue une menace persistante pour les journalistes. Elle a notamment évoqué le cas de Maria Ressa, condamnée pour cyber-diffamation et dont l’appel est toujours en cours devant la Cour suprême depuis novembre 2022. Elle a également apporté son soutien aux initiatives législatives visant à dépénaliser la diffamation, une mesure qui pourrait protéger les journalistes contre des poursuites abusives.
Amal Clooney a également présenté au président et à la Première dame l’initiative TrialWatch de la Clooney Foundation for Justice (CFJ), une organisation qui offre une assistance juridique gratuite pour défendre la liberté d’expression et les droits des femmes dans plus de 40 pays. TrialWatch surveille les procès pénaux des journalistes dans le monde entier, dénonçant les procès inéquitables et contestant les lois qui restreignent la liberté d’expression. La CFJ travaille en partenariat avec des facultés de droit, notamment l’Université Ateneo de Manille et l’Université Columbia, pour surveiller les procès de journalistes aux Philippines, comme ceux de Mary Anne Krueger et de Frenchie Mae Cumpio.
Mme Clooney a également annoncé son intention de rencontrer les doyens des facultés de droit de l’Université Ateneo de Manille et de l’Université des Philippines pour explorer un possible partenariat avec l’ Institut de technologie et de justice d’Oxford, qu’elle a cofondé. L’objectif serait d’utiliser l’intelligence artificielle pour améliorer l’accès à la justice pour les femmes et les journalistes aux Philippines.
Les Clooney sont aux Philippines dans le cadre du Sommet du bien social, qui se tiendra le dimanche 16 novembre. Amal Clooney y prononcera un discours sur les défis mondiaux auxquels sont confrontées la liberté d’expression et les libertés civiles, avant de participer à une séance de questions-réponses avec son mari et Maria Ressa. Rappler, l’organisateur de l’événement, a été l’une des rédactions philippines ciblées sous l’administration Duterte, Maria Ressa et ses collaborateurs ayant fait face à au moins 11 poursuites judiciaires.
Bien que certains de ces cas aient été résolus en faveur de Ressa sous le mandat de Marcos, d’autres restent en suspens, notamment la condamnation pour cyber-diffamation qui pourrait entraîner une peine de prison de plus de 40 ans si l’appel est rejeté.
– Rappler.com
