Home SantéAmener mon corps malade à Séoul… Une solution aux « soins médicaux d’expédition » est nécessaire de toute urgence [미지답 칼럼]

Amener mon corps malade à Séoul… Une solution aux « soins médicaux d’expédition » est nécessaire de toute urgence [미지답 칼럼]

by Sophie Martin

L’accès aux soins de santé en Corée du Sud est marqué par de fortes disparités territoriales, avec une espérance de vie qui peut varier de près de 13 ans selon le lieu de résidence. Face à cette inégalité croissante, le gouvernement peine à mettre en œuvre des solutions durables.

La triste nouvelle reçue par un habitant, apprenant le diagnostic de cancer du poumon en phase terminale de sa mère, illustre une réalité amère : les patients des régions éloignées de Séoul et de sa périphérie rencontrent des difficultés considérables pour accéder à des traitements spécialisés. Cette situation met en lumière un « déséquilibre médical » particulièrement préoccupant.

Selon une étude récente du Service de recherche de l’Assemblée nationale, l’espérance de vie à Seocho-gu, un quartier de Séoul, s’élève à 90,11 ans, tandis qu’elle n’atteint que 77,12 ans à Yeongdeok-gun, dans la province du Gyeongsangbuk-do. Cet écart de 12,99 ans souligne l’impact direct du lieu de résidence sur la longévité.

La concentration des infrastructures médicales dans la zone métropolitaine est pointée du doigt comme cause principale de ces disparités. Le nombre de médecins pour 100 000 habitants y est significativement plus élevé (211,5) que dans les zones non métropolitaines (169,1). De plus, les grands hôpitaux, disposant de plus de 300 lits, sont massivement implantés dans les grandes villes et la région de Séoul, et le personnel médical y est plus nombreux, creusant ainsi l’écart.

En février dernier, le magazine américain Newsweek, en collaboration avec l’agence de recherche Statista, a publié un classement des 250 « meilleurs hôpitaux du monde 2025 ». Les 16 établissements coréens figurant dans cette liste sont tous situés dans la zone métropolitaine : 13 à Séoul, 2 dans la province du Gyeonggi et 1 à Incheon.

Plusieurs initiatives ont été lancées pour tenter de résoudre ce problème, mais aucune solution définitive n’est encore en vue. Le « système médical régional », promu par le gouvernement actuel, peine à s’implanter. Ce système prévoit la sélection d’un quota d’étudiants en médecine via un processus spécifique, avec l’obligation de servir dans une région défavorisée pendant une dizaine d’années après l’obtention de leur diplôme. Cependant, la communauté médicale s’oppose à cette mesure, la jugeant contraire à la liberté constitutionnelle de choisir sa carrière et inefficace pour résoudre le problème de fond.

Par ailleurs, le projet de transfert du ministère compétent du ministère de l’Éducation au ministère de la Santé et de la Protection sociale, dans le but de renforcer les hôpitaux universitaires nationaux, suscite également des résistances. Neuf hôpitaux universitaires nationaux, dont l’Université nationale de Kangwon, ont conjointement publié une déclaration s’opposant à cette initiative, estimant qu’une préparation minutieuse et un plan précis sont nécessaires.

Malgré ces obstacles, l’administration actuelle a fait de la réduction des inégalités médicales et du renforcement des soins de santé publics une priorité nationale. Reste à savoir si elle parviendra à mettre en œuvre des solutions durables pour mettre fin à ce « purgatoire médical » qui contraint de nombreux patients à un exode coûteux et pénible vers la capitale.

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