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Amsterdam alloue 2,5 millions pour aider les demandeurs d’asile à travailler : « c’est mieux pour les personnes et les employeurs »

Publié le 16 octobre 2024. Une initiative pilote à Amsterdam permet aux demandeurs d'asile de trouver un emploi six mois après leur arrivée aux Pays-Bas, avec des résultats encourageants en termes d'intégration et d'autonomie financière. Environ 36 %…

Amsterdam alloue 2,5 millions pour aider les demandeurs d’asile à travailler : « c’est mieux pour les personnes et les employeurs »

Publié le 16 octobre 2024. Une initiative pilote à Amsterdam permet aux demandeurs d’asile de trouver un emploi six mois après leur arrivée aux Pays-Bas, avec des résultats encourageants en termes d’intégration et d’autonomie financière.

  • Environ 36 % des participants à la phase initiale de la pilote ont trouvé un emploi rémunéré, principalement dans l’hôtellerie, la production, la logistique et le nettoyage.
  • Le coût par demandeur d’asile ayant trouvé un emploi s’élève à plus de 11 000 euros, un investissement jugé rentable par la municipalité.
  • Des obstacles administratifs, notamment la nécessité d’une autorisation de travail, persistent et nécessitent un accompagnement spécifique des employeurs.

La municipalité d’Amsterdam expérimente une approche novatrice pour favoriser l’intégration des demandeurs d’asile sur le marché du travail. Depuis peu, les personnes hébergées dans les centres d’accueil sont autorisées à travailler après six mois de présence aux Pays-Bas. Selon Rutger Groot Wassink, échevin de la ville, cette mesure est bénéfique à tous les points de vue.

« Il est important que les gens aient la possibilité de travailler, d’autant plus qu’ils pourraient obtenir un statut et être autorisés à rester ici. »

Rutger Groot Wassink, échevin de la municipalité d’Amsterdam

La pilote, qui concerne actuellement 233 demandeurs d’asile résidant au centre d’accueil de Willinklaan à Nieuw-West, affiche déjà des résultats prometteurs. À ce jour, 83 participants ont trouvé un emploi rémunéré. Outre la recherche d’emploi directe, 83 autres ont bénéficié de formations à la recherche d’emploi, d’aide à la rédaction de leur curriculum vitae et de rencontres avec des employeurs lors de salons de l’emploi.

L’investissement financier lié à cette initiative s’élève à plus de 11 000 euros par demandeur d’asile ayant trouvé un emploi. Cependant, Rutger Groot Wassink insiste sur le caractère rentable de cette approche.

« Au contraire, je pense que c’est extrêmement avantageux pour la société. Ces personnes paient également des impôts et il est très important qu’elles puissent travailler. »

Rutger Groot Wassink, échevin de la municipalité d’Amsterdam

L’objectif principal de cette pilote est d’accroître la participation des demandeurs d’asile au marché du travail et d’identifier les meilleures pratiques en matière d’accompagnement. Un bureau d’orientation professionnelle a été mis en place au sein du centre d’accueil, offrant aux participants des entretiens individuels, des formations et des contacts avec des employeurs. La pilote est menée en collaboration avec le COA (Centraal Orgaan opvang asielzoekers), l’UWV (Uitvoeringsinstituut Werknemersverzekeringen) et le Werkgeversservicepunt Groot Amsterdam.

La municipalité considère cette initiative comme un investissement à long terme, susceptible de réduire la dépendance à l’aide sociale et de favoriser une intégration plus rapide une fois qu’un statut de séjour est accordé.

Charles, originaire d’Ouganda et arrivé aux Pays-Bas en mars 2024, témoigne de l’impact positif de la pilote. En attendant l’obtention de son permis de séjour, il a pu trouver un emploi rémunéré dans le secteur des soins à domicile grâce à cette initiative.

« Maintenant, je peux travailler et gagner de l’argent. Je suis heureux de pouvoir faire quelque chose et cela me motive à construire ma vie. »

Charles, participant à la pilote

Rutger Groot Wassink souligne que la pilote démontre la motivation de nombreux demandeurs d’asile à travailler.

« Pendant trop longtemps, nous avons condamné les gens à la passivité, les laissant dans l’attente d’une procédure. C’est mieux pour les personnes elles-mêmes et pour les employeurs. »

Rutger Groot Wassink, échevin de la municipalité d’Amsterdam

La pilote se heurte cependant à certains obstacles. Les employeurs doivent obtenir une autorisation de travail (TWV) pour chaque demandeur d’asile, ce qui engendre des contraintes administratives importantes. La municipalité reconnaît cette difficulté et a fait appel à la société Untapped Talents pour décharger les employeurs de ces formalités administratives pendant les premiers mois. Parallèlement, la ville fait pression sur le gouvernement central pour supprimer l’obligation de la TWV, à l’image des règles assouplies qui s’appliquent aux réfugiés ukrainiens.

Les barrières linguistiques et les transferts de résidents vers d’autres régions compliquent également la pérennité des emplois. Certains participants perdent leur emploi lorsqu’ils sont transférés par le COA dans une autre région.

Une deuxième phase de la pilote a débuté en août, visant à étendre l’initiative à d’autres centres d’accueil de la ville, notamment ceux situés Kabelweg et Provincialeweg. La pilote se poursuivra jusqu’à fin 2026 et sera évaluée par Platform31, qui examinera l’efficacité des différentes approches et la pertinence de sa pérennisation.

Bien que la pilote se concentre sur les demandeurs d’asile sans statut de séjour, il est important de noter que deux tiers des personnes ayant obtenu un statut de séjour à Amsterdam ne sont pas encore employées. Rutger Groot Wassink insiste sur la nécessité d’agir sur les deux fronts.

« Il est dans l’intérêt de tous que les gens puissent travailler le plus rapidement possible. »

Rutger Groot Wassink, échevin de la municipalité d’Amsterdam

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À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.