Publié le 20 décembre 2025 à 11h30. La municipalité d’Amsterdam renforce ses mesures de sécurité pour les femmes, avec de nouvelles initiatives allant de la formation en arts martiaux à un centre d’aide aux victimes de violences sexuelles ouvert sept jours sur sept.
- Amsterdam va proposer des cours d’autodéfense aux femmes et ouvrir un centre d’aide aux victimes de violences sexuelles accessible tous les jours.
- Un système de « copains cyclistes » sera mis en place pour accompagner les femmes rentrant chez elles à vélo le soir.
- La ville entend également sensibiliser les hommes aux comportements sexistes et intégrer une perspective féminine dans la conception des espaces publics.
Face à une préoccupation croissante concernant la sécurité des femmes dans l’espace public, la municipalité d’Amsterdam a annoncé une série de mesures visant à lutter contre les violences sexuelles et le harcèlement. Ces initiatives font suite au meurtre de Lisa d’Abcoude en août dernier, qui avait suscité une vive émotion et des appels à une action plus forte.
Le conseil municipal a affirmé qu’il est essentiel que les femmes et les jeunes filles puissent se déplacer librement et en toute sécurité à Amsterdam, « dans la rue, à la maison, à l’école, au travail et dans la vie nocturne ». Pour atteindre cet objectif, un centre de lutte contre la violence sexuelle ouvrira ses portes mi-janvier, offrant une assistance sept jours sur sept, de 9h à 21h. De plus, le réseau de prestataires de soins du groupe de soutien sera élargi, et le GGD (organisation régionale de santé publique) fournira une expertise médicale supplémentaire pour un dépistage précoce des violences.
Les victimes de violences sexuelles et de harcèlement bénéficieront également d’une meilleure protection, notamment grâce à la mise en place de boutons d’alarme. Un accès facilité à l’assistance juridique gratuite sera également proposé.
La ville s’attaque également aux « lieux vulnérables », identifiés comme des pistes cyclables sombres, des tunnels ou des arrêts de transports en commun isolés. Des travaux d’élagage et l’installation de lampes supplémentaires sont prévus dans ces zones. Un projet pilote d’éclairage amélioré sera lancé dans le quartier d’Amsterdam-Zuidoost.
Parallèlement, la municipalité souhaite intégrer une « perspective féminine » dans la conception des rues et des places, en tenant compte des expériences des femmes et des filles. Des cours d’arts martiaux seront également proposés aux femmes, non pas comme une solution unique, mais comme un moyen de renforcer leur sentiment de liberté et de les aider à réagir face à des situations potentiellement dangereuses. Les instructeurs d’arts martiaux seront également formés pour aider les femmes vivant des relations abusives à demander de l’aide.
Pour améliorer la sécurité des femmes dans la vie nocturne, la ville encourage la diffusion du mot de code international « Angela ». Si une femme se sent harcelée dans un bar et dit « Angela », le personnel sera formé pour intervenir. Quatre agents de sécurité supplémentaires seront également déployés pour lutter contre le harcèlement sexuel dans les rues.
Enfin, la municipalité lance une campagne de sensibilisation auprès des hommes, intitulée « Mec, dis quelque chose », les encourageant à dénoncer les comportements inappropriés. Des ateliers seront également proposés aux jeunes sur l’impact des expressions misogynes sur les réseaux sociaux.
