Une étude récente publiée dans Imaging Neuroscience révèle que des altérations spécifiques de circuits cérébraux impliquant le cervelet, l’amygdale et le thalamus sont liées à l’anxiété chez près de 3 500 adolescents aux États-Unis, ouvrant la voie à de futures approches de psychiatrie de précision.
Des circuits cérébraux en cause
L’organisation altérée et la force amoindrie de ces connexions sont directement associées à des niveaux d’anxiété plus élevés ainsi qu’à une probabilité accrue de troubles apparentés.
Les troubles anxieux touchent plus de 30 % des adolescents aux États-Unis, une période de développement cérébral particulièrement sensible. Face à ce constat, des chercheurs de Boston Children’s Hospital ont analysé les données de l’étude à long terme sur le développement cérébral et la santé infantile connue sous le nom d’ABCD.
L’équipe de recherche, dirigée par Caterina Stamoulis, investigatrice principale au laboratoire de neurosciences computationnelles du Boston Children’s Hospital selon news-medical.net, a identifié un réseau cérébral précis associant le cervelet, l’amygdale et le thalamus chez les jeunes souffrant d’anxiété.

Des altérations détectables dès l’âge de 11 ans
Ces modifications de la structure cérébrale et des circuits neuronaux étaient déjà mesurables chez les participants âgés de 11 à 12 ans.
Les analyses d’imagerie par résonance magnétique ont mis en évidence des altérations structurelles associées à des difficultés fonctionnelles.
En revanche, l’étude indique que l’efficacité et la robustesse d’autres réseaux cérébraux jouent un rôle protecteur contre l’anxiété généralisée ou sociale.

Vers une psychiatrie de précision
Caterina Stamoulis a souligné : « La psychiatrie de précision jouera probablement un rôle important dans les futurs soins de santé mentale. Dans cette étude, nous avons identifié des circuits spécifiques impliqués dans l’anxiété, qui pourraient devenir les cibles d’interventions de précision afin d’améliorer les résultats en matière de santé mentale chez les jeunes, à court et à long terme. »
L’identification de ces biomarqueurs neuro structurels et fonctionnels dès l’adolescence précoce indique la nécessité d’interventions ciblées pour limiter les répercussions à long terme sur la santé mentale et les fonctions cognitives d’après les précisions apportées par les chercheurs.
Les auteurs estiment que la compréhension de ces interactions complexes entre les différentes régions cérébrales offre une base solide pour développer des thérapies personnalisées, bien que des recherches supplémentaires soient nécessaires pour étendre ces observations à des populations plus diversifiées.