Une équipe de 34 personnes est arrivée le 12 octobre à Nikumaroro, dans l’archipel des Phœnix à Kiribati, pour inspecter un objet satellite baptisé l’objet Taraia. Les chercheurs espèrent résoudre le mystère de la disparition d’Amelia Earhart survenue en 1937, tout en évitant des crabes de cocotier géants.
Après un périple de cinq jours et 830 milles marins à travers le Pacifique Sud, le navire Marin Mainiku a jeté l’ancre au large de l’atoll isolé de Nikumaroro, situé dans la république de Kiribati. L’expédition, composée de 17 chercheurs de l’Archaeological Legacy Institute et de Purdue University, ainsi que de 17 membres d’équipage, entame sur place une phase cruciale de recherche d’une épave potentielle de Lockheed Electra 10-E selon le point d’information publié par Purdue University.
Chercher l’avion disparu à Nikumaroro
L’université de Purdue entretient un lien historique direct avec Earhart, puisque la Purdue Research Foundation avait financé son avion de recherche à travers le Amelia Earhart Fund for Aeronautical Research en février 2025.
Composer avec des crabes de cocotier géants
L’île abrite des crabes de cocotier, reconnus comme les plus grands arthropodes terrestres de la planète, dont l’envergure peut atteindre un mètre et le poids dépasser quatre kilogrammes d’après les données de USA Today. Ces crustacés omnivores, dotés d’une force de préhension suffisante pour briser des noix de coco et chasser de petits animaux la nuit, contraignent l’équipe à dormir chaque soir à bord du navire pour des raisons de sécurité.

Des théories historiques soutiennent d’ailleurs qu’Amelia Earhart et son navigateur Fred Noonan, disparus en juillet 1937 alors qu’ils tentaient de relier Lae en Papouasie-Nouvelle-Guinée à l’île Howland, auraient pu survivre un temps sur l’île avant d’être la proie de ces charognards. Une simulation menée en 2018 avec des carcasses de porcs avait démontré la rapidité avec laquelle ces animaux pouvaient disperser des ossements. Parallèlement à la menace animale, l’intensité exceptionnelle du phénomène El Niño pèse sur l’opération.
Inspecter la péninsule de Taraia
L’équipe a d’abord contourné l’île pour trouver des eaux plus calmes à l’est. Le plan d’intervention s’articule ensuite autour d’une série d’étapes minutieuses :
- Navigation à travers le canal creusé par les Britanniques en 1963, dernière date où l’île fut habitée.
- Débarquement du matériel, défrichage de la végétation et installation des camps de base sur la plage et le lagon.
- Exploration ciblée des zones susceptibles de révéler la présence de métaux magnétiques sur la péninsule de Taraia.
- Utilisation de technologies sonar, d’hydroprobes pour mesurer la composition de l’objet et d’une drague hydraulique pour écarter les sédiments.
L’objet recherché se trouve à environ 10 pieds du rivage et à faible profondeur, ce qui rend l’examen visuel dépendant des marées. C’est la première fois depuis sept ans qu’un voyage officiel est autorisé sur l’atoll de Nikumaroro, et la première incursion sur la péninsule de Taraia depuis plus de quinze ans.