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Ares” Spoiler-Free Review – ScreenHub Entertainment – ScreenHub Entertainment

by Antoine Girard

Après plus de quinze ans d’attente, Disney a relancé sa franchise Tron avec la sortie de Tron : Ares, un film qui divise déjà les critiques et le public, et qui semble confirmer une tendance : privilégier l’esthétique à la narration. Le troisième volet de cette saga culte, porté par Jared Leto, peine à convaincre au box-office malgré ses effets visuels spectaculaires et sa bande originale signée Nine Inch Nails.

L’histoire de Tron est singulière. Lancée en 1982 avec un premier film qui, bien que visuellement novateur et doté d’une bande originale mémorable composée par Wendy Carlos, n’a pas rencontré le succès escompté. Il a cependant acquis un statut de film culte grâce aux supports vidéo. En 2010, Tron : Legacy a relancé la franchise, en misant sur une esthétique encore plus sophistiquée et une bande originale iconique de Daft Punk. Le film a connu un succès modéré, mais a attiré une nouvelle génération de fans.

Tron : Ares reprend les codes de ses prédécesseurs : un univers numérique immersif, des effets spéciaux à couper le souffle et une musique entraînante. L’intrigue se déroule des années après les événements du premier Tron, où le programmeur informatique Kevin Flynn (Jeff Bridges) a créé un monde virtuel appelé la Grille (The Grid). Dans ce monde, Flynn cherchait à reprendre le contrôle de son programme face à la cupidité de la société ENCOM. Il s’est alors numérisé, se retrouvant piégé dans la Grille et confronté au redoutable Programme Maître Central pour libérer les autres utilisateurs et avatars.

Dans Tron : Ares, ENCOM est désormais dirigée par deux sœurs, Eve (Greta Lee) et Tess Kim (Selene Yun), qui se disputent le contrôle de la Grille avec leur rival, Dillinger Systems. L’enjeu est désormais de pouvoir transférer des éléments d’intelligence artificielle de la Grille vers le monde réel, dans le but d’acquérir une suprématie militaire. Un problème majeur se pose cependant : ces IA ne peuvent rester actives dans le monde réel que pendant environ 29 minutes. Pour résoudre ce problème, Julian Dilliger (Evan Peters) de Dillinger Systems crée Ares (Jared Leto) et Athena (Jodie Turner-Smith), des programmes de combat ultimes chargés de traquer Eve Kim, unique propriétaire d’ENCOM après la mort de sa sœur, afin d’accéder au code de permanence – la clé qui permettrait aux IA de s’intégrer définitivement au monde réel.

Si les premières réactions sont mitigées, nombreux sont ceux qui soulignent que Tron : Ares excelle dans ce que la franchise a toujours fait de mieux : offrir un spectacle visuel et sonore. Certains fans le comparent même à un long clip musical. Le réalisateur Joachim Ronning (Maléfique : Le Maître du Mal, Pirates des Caraïbes : La Vengeance de Salazar) a réussi, selon certains, à créer un film aussi réussi que Tron : Legacy.

Cependant, le film souffre d’un scénario mince et de personnages peu développés, ce qui rend difficile l’investissement émotionnel du spectateur. Greta Lee, bien que talentueuse dans d’autres rôles (Past Lives, The Morning Show), ne convainc pas pleinement dans le rôle de la magnat du numérique Eve Kim. Les personnages secondaires, notamment le partenaire comique d’Eve (Arturo Castro) et le PDG de l’entreprise (Hasan Minhaj), manquent également de profondeur. Les antagonistes, quant à eux, sont caricaturaux.

Un caméo surprise, qui ne sera pas une surprise pour ceux qui ont vu la bande-annonce, apporte une touche de nostalgie : Jeff Bridges reprend son rôle de Kevin Flynn dans une scène émouvante.

L’ombre des récentes allégations concernant Jared Leto plane également sur le film. L’acteur, qui s’est investi en tant que producteur pour faire revivre la franchise, livre une performance convaincante dans le rôle d’Ares, un programme d’IA qui développe une conscience. Il s’agit peut-être de son meilleur rôle depuis son Oscar pour Dallas Buyers Club (2013), mais il est difficile d’ignorer le contexte.

En fin de compte, Tron : Ares est un film qui séduira ceux qui recherchent avant tout un spectacle visuel et sonore. Si vous êtes prêt à sacrifier la profondeur narrative au profit du style, vous pourriez bien passer un bon moment. Le film mérite d’être vu sur grand écran, idéalement dans une salle IMAX avec un système de son Dolby Atmos.

Compte tenu des résultats au box-office, l’avenir de la franchise Tron est incertain. Une scène post-générique laisse entrevoir la possibilité d’une suite, mais rien n’est encore décidé.

Note : 7/10

Classement personnel des films Tron :
1. Tron : Legacy (2010)
2. Tron : Ares (2025)
3. Tron (1982)

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