Home SantéArthrite psoriasique et syndrome métabolique : sous-groupe difficile à traiter

Arthrite psoriasique et syndrome métabolique : sous-groupe difficile à traiter

by Sophie Martin

Publié le 27 octobre 2025 08:07:00. Une nouvelle étude révèle un lien fort entre le syndrome métabolique et une forme particulièrement difficile à traiter du rhumatisme psoriasique, suggérant que la gestion des problèmes de santé liés au métabolisme pourrait améliorer l’efficacité des traitements.

  • Plus de 40 % des patients atteints de rhumatisme psoriasique inclus dans l’étude présentaient également un syndrome métabolique.
  • Les patients souffrant à la fois de rhumatisme psoriasique et de syndrome métabolique avaient plus de 7,5 fois plus de chances de développer une forme de la maladie résistante aux traitements.
  • L’étude souligne l’importance d’une approche globale de la prise en charge du rhumatisme psoriasique, incluant la gestion des comorbidités métaboliques.

Le rhumatisme psoriasique (RP), une maladie inflammatoire chronique affectant les articulations et la peau, est souvent compliqué par la présence d’autres problèmes de santé. Une étude récente, menée à la Clinique de Rhumatologie de la Fondazione Policlinico Campus Bio-Medico à Rome, met en évidence un lien significatif entre le syndrome métabolique et le développement d’un phénotype de RP particulièrement difficile à traiter, que les chercheurs appellent D2T (Difficult-to-Treat).

Le syndrome métabolique, caractérisé par une combinaison de facteurs de risque tels que l’obésité abdominale, l’hypertension artérielle, un taux élevé de sucre dans le sang et des taux anormaux de cholestérol, est une comorbidité fréquente chez les patients atteints de RP. Les chercheurs ont constaté que la présence de ce syndrome est associée à une inflammation systémique accrue et à une activité plus importante de la maladie, rendant les traitements moins efficaces.

L’étude a porté sur 182 patients atteints de RP. Les critères de classification du RP ont été utilisés pour identifier les participants, et la présence d’un syndrome métabolique a été évaluée selon les critères du National Cholesterol Education Program Adult Treatment Panel III. Le phénotype D2T-PsA a été défini en s’inspirant des critères EULAR pour le D2T-RA, adaptés au rhumatisme psoriasique par Perrotta et al.

Les résultats ont révélé que 42,94 % des patients atteints de RP répondaient aux critères du syndrome métabolique. Plus frappant encore, 81,8 % des patients classés comme D2T présentaient également un syndrome métabolique, contre seulement 29,4 % dans le groupe non-D2T (p < 0,0001). Une analyse statistique plus poussée, utilisant la régression logistique, a confirmé une association forte et significative entre le syndrome métabolique et le phénotype D2T-PsA (OR 7,56 ; p < 0,0001). Une analyse du chemin a également confirmé que le syndrome métabolique est un prédicteur indépendant du phénotype D2T.

Les auteurs de l’étude concluent que la prise en charge du dysfonctionnement métabolique pourrait jouer un rôle crucial dans l’optimisation des résultats thérapeutiques pour les patients atteints de rhumatisme psoriasique. Selon eux, une approche globale, tenant compte de l’ensemble des facteurs de risque et des comorbidités, est essentielle pour améliorer la qualité de vie de ces patients.

Source :

Currado D, Trunfio F, Saracino F et al. Patients with psoriatic arthritis and comorbid metabolic syndrome exhibit a difficult-to-treat phenotype: another mosaic in the definition of an still-undefined patient subset. RMD Open. 2025;11 :e005717.

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