Publié le 2025-11-12 16:25:00. Une étude récente met en évidence un lien significatif entre les taux de potassium sérique et le risque de mortalité chez les patients âgés atteints de sepsis admis en soins intensifs, l’hyperkaliémie étant particulièrement associée à un pronostic plus sombre.
- Chez les patients âgés atteints de sepsis, près de 16,4 % présentent une hypokaliémie, 73,2 % une kaliémie normale et 10,4 % une hyperkaliémie.
- Les patients présentant une hyperkaliémie (taux de potassium sérique supérieur à 5,0 mmol/L) sont plus susceptibles d’être des femmes et présentent davantage de comorbidités, notamment une insuffisance cardiaque congestive (ICC), une lésion rénale aiguë (LRA) et un diabète.
- Une augmentation de 1 mmol/L du potassium sérique est associée à une augmentation de 65 % du risque de mortalité, même après ajustement pour divers facteurs de risque.
Une analyse portant sur plus de 12 000 patients âgés atteints de sepsis admis en unité de soins intensifs (USI) a révélé des disparités notables dans les taux de potassium sérique et leur impact sur l’issue clinique. L’étude, dont les résultats ont été publiés récemment, souligne l’importance d’une surveillance attentive des niveaux de potassium chez cette population vulnérable.
Les chercheurs ont constaté que les patients présentant une hyperkaliémie (> 5,0 mmol/L) étaient plus souvent des femmes (55,28 % contre 52,03 % et 41,22 % dans les autres groupes ; P < 0,001). Ils souffraient également plus fréquemment de comorbidités telles que l'insuffisance cardiaque congestive (12,55 % contre 9,97 % et 7,54 % ; P < 0,001), une lésion rénale aiguë (39,08 % contre 22,33 % et 19,18 % ; P < 0,001) et le diabète (32,35 % contre 26,18 % et 23,41 % ; P < 0,001). La gravité de l'état des patients hyperkaliémiques était également plus élevée, avec des scores SOFA (Sequential Organ Failure Assessment) moyens plus importants (5,68 [écart-type 2.99] contre 4.18 [2.83] et 3.92 [2.77] ; P < 0,001).
Les analyses biologiques ont mis en évidence des différences significatives, notamment des taux de créatinine sérique (3,14 mg/dL contre 1,80 mg/dL et 1,46 mg/dL ; P < 0,001), d'azote uréique sanguin (BUN) (58,62 mg/dL contre 36,26 mg/dL et 30,08 mg/dL ; P < 0,001) plus élevés et un débit de filtration glomérulaire estimé (DFGe) plus faible (26,74 mL/min/1,73 m2 contre 48,56 mL/min/1,73 m2 et 60,90 mL/min/1,73 m2 ; P < 0,001) dans le groupe hyperkaliémique. En conséquence, ces patients nécessitaient des soins plus intensifs, avec des taux plus élevés de ventilation mécanique (33,50 % contre 25,84 % et 26,48 % ; P < 0,001) et de dialyse (7,33 % contre 4,40 % et 3,28 % ; P < 0,001).
Le taux de mortalité à 28 jours en USI était de 11,5 % chez les patients âgés atteints de sepsis. Il était significativement plus élevé dans le groupe hyperkaliémique (23,43 % contre 10,12 % et 9,77 % ; P < 0,001). L'analyse univariée a confirmé une association significative entre la kaliémie et le risque de mortalité (risque relatif (RR) de 1,65, intervalle de confiance à 95 % (IC) de 1,54 à 1,77 ; P < 0,001). Cette association est restée significative dans la plupart des sous-groupes analysés, avec une force légèrement plus importante chez les patients de plus de 80 ans (OR : 1,79 [IC à 95 %, 1.59–2.03]).
Les analyses multivariées ont confirmé que la kaliémie était associée à la mortalité à 28 jours en USI, même après ajustement pour les données démographiques, les comorbidités, la gravité de la maladie et les interventions cliniques (OR : 1,23 ; IC à 95 %, 1.09–1.39 ; P = 0,001). Les patients présentant une hyperkaliémie (> 5,0 mmol/L) présentaient un risque de mortalité nettement plus élevé que ceux ayant des taux de potassium normaux (3,5 à 5,0 mmol/L) (OR de 2,72 [IC à 95 %, 2,34 à 3,15]). En revanche, les patients présentant une hypokaliémie (< 3,5 mmol/L) n'ont pas présenté de risque de mortalité significativement différent de celui du groupe de référence.
L’étude a également utilisé un modèle additif généralisé qui a révélé une association linéaire significative entre le potassium sérique et la mortalité en soins intensifs à 28 jours (χ2= 10,73 ; P = 0,001). Figure 2 illustre cette relation.
