L’entreprise de télécommunications spatiales AST SpaceMobile s’apprête à franchir une étape décisive avec le lancement de son satellite de nouvelle génération, BlueBird 6, prévu le 15 décembre. Ce lancement, qui aura lieu depuis le centre spatial indien Satish Dhawan, est perçu comme un test crucial pour la capacité de l’entreprise à déployer un réseau cellulaire haut débit directement sur les smartphones, partout dans le monde.
BlueBird 6 se distingue par sa taille impressionnante : avec une surface de 2 400 pieds carrés (environ 223 mètres carrés), son antenne à réseau phasé est la plus grande jamais intégrée à un satellite en orbite basse (LEO). À titre de comparaison, les satellites BlueWalker 3 et BlueBirds 1 à 5, lancés précédemment, étaient équipés de baies de seulement 693 pieds carrés (environ 64 mètres carrés). BlueBird 6 est donc 3,5 fois plus grand que ses prédécesseurs et promet une capacité de données multipliée par dix.
Ce lancement est bien plus qu’une simple opération technique pour AST SpaceMobile. Il s’agit d’un moment charnière qui déterminera la crédibilité de l’entreprise et influencera potentiellement la trajectoire de son action en bourse d’ici 2026. L’entreprise ambitionne de mettre en service entre 45 et 60 satellites BlueBird en orbite basse d’ici fin 2026, desservant les États-Unis, l’Europe et le Japon. Quarante de ces satellites devraient être opérationnels dès début 2026, témoignant de l’accélération du développement de l’entreprise.
À plus long terme, AST SpaceMobile envisage une flotte encore plus importante, composée jusqu’à 90 satellites, qui seraient moins nombreux mais plus performants que ceux de concurrents comme Starlink. Pour atteindre ces objectifs ambitieux, l’entreprise s’appuie sur une équipe de plus de 1 800 personnes, un portefeuille de 1 800 brevets (ou demandes de brevets en cours) et environ 465 000 mètres carrés d’installations de fabrication et d’exploitation à travers le monde. AST SpaceMobile affirme être intégrée verticalement à 95 %, contrôlant ainsi l’ensemble de ses processus de fabrication aux États-Unis.
L’entreprise prévoit d’atteindre une capacité de production de six satellites BlueBird prêts au lancement par mois d’ici fin 2025. Le potentiel de revenus d’AST SpaceMobile est également considérable, avec un carnet de commandes dépassant le milliard de dollars (environ 920 millions d’euros). Bien que la couverture nationale intermittente ne soit prévue qu’au début de 2026, l’entreprise prévoit un service continu plus tard dans l’année, à mesure qu’elle continue de déployer ses satellites de nouvelle génération.
AST SpaceMobile a déjà conclu des contrats commerciaux avec des acteurs majeurs tels qu’AT&T, ainsi qu’avec des entreprises japonaises, des fiducies de placement immobilier et des sociétés de télécommunications et de médias canadiennes. L’entreprise a également signé des accords avec le gouvernement fédéral américain, notamment un contrat de 43 millions de dollars (environ 39,5 millions d’euros) avec l’Agence américaine de développement spatial et des projets de démonstration avec le ministère de la Défense (DoD) via le programme HALO.
Wall Street suit de près l’évolution d’AST SpaceMobile, l’action ayant déjà gagné plus de 265 % cette année. Les partenariats stratégiques de l’entreprise et le potentiel de revenus d’un milliard de dollars alimentent l’optimisme des investisseurs. Vanguard, le plus grand détenteur institutionnel d’AST SpaceMobile, possède plus de 19,9 millions d’actions, d’une valeur de près de 977,7 millions de dollars (environ 897 millions d’euros), et a récemment augmenté sa position de 13,4 %.
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