Le Canada pourrait bientôt se tourner vers la Corée du Sud pour l’acquisition de sous-marins de nouvelle génération, une décision qui pourrait représenter un contrat de plusieurs dizaines de milliards de dollars. Une visite imminente du Premier ministre canadien Mark Carney dans les chantiers navals sud-coréens pourrait sceller l’avenir de ce projet stratégique.
Selon des sources proches du dossier, le Premier ministre Carney devrait visiter les installations de Hanwha Ocean à Gyeongju, en marge du sommet de l’Agence économique pour la coopération Asie-Pacifique (APEC) fin octobre. Cette visite intervient après l’annonce, en août dernier, de l’intérêt du Canada pour le consortium One Team, composé de Hanwha Ocean et de HD Hyundai Heavy Industries, dans le cadre du programme canadien de sous-marins.
Le Canada est à la recherche de 8 à 12 sous-marins d’un tonnage de 3 000 tonnes, dans le cadre du projet Canadian Patrol Submarine Project (CPSP). Le coût total de ce programme est estimé à 60 billions de wons (environ 43,5 milliards d’euros), dont 28 billions de wons (environ 20,3 milliards d’euros) pour la construction et le reste pour la maintenance et les opérations.
Hanwha Ocean et HD Hyundai Heavy Industries ont proposé de moderniser la marine canadienne en introduisant une version améliorée du sous-marin Jang Bogo-Batch-II, un modèle déjà en service en Corée du Sud. Le Jang Bogo-III, premier sous-marin de 3 000 tonnes construit avec une technologie entièrement nationale, a été lancé en 2018. La proposition conjointe inclut également la construction de quatre sous-marins supplémentaires d’ici 2035 et la création d’installations de maintenance au Canada, permettant l’embauche de personnel local.
Le Canada étudie également une offre concurrente du groupe allemand ThyssenKrupp Marine Systems (TKMS). Le Premier ministre Carney s’était rendu sur les chantiers navals de TKMS en Allemagne le mois dernier, où il avait déclaré : « Nous visiterons également les chantiers navals coréens cet automne. »
Les discussions s’intensifient à ce stade. La vice-ministre canadienne de la Défense, Stephanie Beck, s’est récemment rendue à Séoul pour des entretiens sur la sécurité, et a rencontré le chef de l’agence de défense sud-coréenne, Seok Jong-gun, pour discuter des possibilités de coopération, notamment dans le domaine des sous-marins. En juillet, un émissaire présidentiel s’était également rendu au Canada pour promouvoir les « ventes de Bangsan ».
Cependant, une option de partage du contrat entre les deux pays, l’Allemagne et la Corée du Sud, est également envisagée. Angus Top City, un commandant canadien, a récemment évoqué dans les médias locaux la possibilité d’acquérir six navires auprès de chaque pays.
Le gouvernement canadien devrait prendre une décision concernant les négociations prioritaires d’ici la fin de l’année.
Chiffres clés
- Coût total du projet (CPSP): 60 billions de wons (environ 43,5 milliards d’euros)
- Coût de construction: 28 billions de wons (environ 20,3 milliards d’euros)
- Nombre de sous-marins recherchés: 8 à 12
- Tonnage des sous-marins: 3 000 tonnes
Contexte
Le Canada cherche à remplacer sa flotte actuelle de sous-marins vieillissante, qui ne répond plus aux exigences opérationnelles modernes. Le projet CPSP est donc un élément clé de la modernisation des forces armées canadiennes.
Ce qui change
La sélection d’un fournisseur aura un impact significatif sur l’industrie navale canadienne et coréenne, créant des emplois et stimulant l’innovation. Le calendrier prévoit la construction des premiers sous-marins au cours de la prochaine décennie.
Prochaines étapes
Il faudra surveiller de près les résultats de la visite du Premier ministre Carney en Corée du Sud et l’annonce officielle de la décision du gouvernement canadien concernant les négociations prioritaires.