Home NouvellesAu Canada, trente bélugas risquent d’être euthanasiés. Peuvent-ils être sauvés ?

Au Canada, trente bélugas risquent d’être euthanasiés. Peuvent-ils être sauvés ?

by Nicolas Lefèvre

Le sort de 30 bélugas captifs à Marineland, un parc d’attractions aquatique en Ontario, est devenu une source d’inquiétude majeure après que la direction a menacé de les euthanasier en raison de difficultés financières et du refus du gouvernement fédéral d’autoriser leur vente à un parc chinois.

La situation du parc, fondé en 1961 près des chutes du Niagara, s’est considérablement détériorée ces dernières années. Marineland a accumulé les critiques concernant le bien-être animal, et a été reconnu coupable en 2024 de cruauté envers des ours noirs, maintenus dans des enclos inadaptés. Depuis 2019, 20 baleines – dont une orque et 19 bélugas – sont décédées dans le parc, des décès que la direction attribue au cycle de vie naturel.

Le gouvernement de l’Ontario a mené plus de 200 inspections à Marineland depuis 2020, suite à des plaintes concernant les conditions de vie des animaux. En 2024, il a constaté une amélioration de la qualité de l’eau après des investissements dans de nouvelles technologies.

La crise actuelle a été déclenchée par la tentative de Marineland d’obtenir un permis pour vendre les bélugas à un parc à thème à Zhuhai, en Chine. La ministre fédérale des Pêches, Joanne Thompson, a rejeté cette demande, estimant que les conditions de vie en Chine seraient aussi inacceptables que celles que les animaux subissent actuellement. « Les baleines seraient soumises à un traitement tout aussi indigne que celui des « divertissements publics » dans le parc chinois », a-t-elle déclaré.

Face à cette impasse, Marineland a annoncé qu’elle pourrait être contrainte d’euthanasier les baleines, demandant au gouvernement canadien un financement pour continuer à subvenir à leurs besoins. Dans une lettre adressée au ministère des Pêches, l’entreprise a affirmé que toute issue tragique serait « une conséquence directe de la décision du ministre ». Cette affirmation a été fermement rejetée par Mme Thompson, qui a souligné que le gouvernement ne pouvait être tenu responsable des choix de Marineland.

Plusieurs organisations de protection animale ont appelé le gouvernement provincial à intervenir et à saisir les baleines. Colin Saravanamuttoo, directeur exécutif de Protection mondiale des animaux Canada, a déclaré : « Le premier ministre Ford doit comprendre, que cela lui plaise ou non, que l’Ontario a la compétence principale sur la faune captive à l’intérieur des frontières de la province. Ce jeu de poule entre Marineland, la province et Ottawa est totalement inacceptable. »

Whale and Dolphin Conservation propose d’envoyer les baleines vers un sanctuaire en Nouvelle-Écosse, mais celui-ci ne pourra accueillir que huit à dix animaux et ne sera opérationnel qu’à l’été prochain. Charles Vinick, directeur général du sanctuaire, a souligné qu’il n’existe actuellement aucun sanctuaire ouvert capable d’accueillir l’ensemble des 30 bélugas.

Phil Demers, un ancien entraîneur principal de Marineland devenu critique virulent, estime que la menace d’euthanasie est une manœuvre de pression. « Toute la menace de l’euthanasie n’est qu’une fanfaronnade », a-t-il déclaré, ajoutant que la Chine reste la seule option réaliste pour relocaliser les animaux. « Ces animaux doivent sortir de ces eaux, hier », a-t-il insisté.

À ce stade, la situation reste incertaine et le temps presse pour trouver une solution viable qui garantisse le bien-être de ces animaux.

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