Avant, il y avait encore un certain respect » : Mehdi Bayat sort du bois après le chaos de samedi à Sclessin
Le Sporting de Charleroi a battu le Standard de Liège 2-0 le samedi 24 mai 2026, mais la victoire a été éclipsée par des scènes de chaos à Sclessin. Une invasion de terrain et des affrontements violents entre…
Le Sporting de Charleroi a battu le Standard de Liège 2-0 le samedi 24 mai 2026, mais la victoire a été éclipsée par des scènes de chaos à Sclessin. Une invasion de terrain et des affrontements violents entre supporters ont conduit à six arrestations et un climat d’insécurité totale.
L’étincelle : un maillot et un drapeau
Le match s’est déroulé sous une tension palpable, mais le point de bascule est survenu après le coup de sifflet final. Selon Ouest-France, l’attaquant carolorégien Aurélien Scheidler a d’abord déposé son maillot sur l’un des poteaux de corner. Un geste immédiatement perçu comme une provocation, poussant un stadier à intervenir pour retirer le vêtement avant que la situation ne dégénère.
cluster (priority): RTL Info
La tension a grimpé d’un cran lorsque les supporters de Charleroi ont envoyé un grand drapeau aux couleurs du club sur la pelouse pour célébrer avec leurs joueurs. C’est alors qu’un supporter liégeois, le visage masqué, a pénétré sur le terrain pour s’emparer du drapeau. Ce geste a déclenché une réaction en chaîne : une invasion massive de la pelouse et des échanges de coups violents, alors que la police n’est intervenue que plusieurs minutes après que les limites aient été franchies.
Le chaos à Sclessin : entre panique et fiasco sécuritaire
L’horreur ne s’est pas limitée à la pelouse. Dans les tribunes, et plus particulièrement dans la T4, le climat est devenu irrespirable. RTL Info décrit des scènes de panique où des familles ont dû fuir en courant, certaines personnes étant en pleurs. Le niveau de stress était tel qu’une spectatrice a même cherché refuge dans la zone mixte réservée à la presse.
cluster (priority): Ouest-France
L’ampleur du désordre a été comparée à un fiasco sécuritaire majeur. L’intensité de la violence et le sentiment d’insécurité ont rappelé la finale de la Ligue des Champions entre le Real Madrid et Liverpool au Stade de France, un événement dénoncé à l’échelle européenne pour ses failles de sécurité. À Sclessin, six personnes ont été arrêtées, et d’autres devraient l’être après l’exploitation des images de vidéosurveillance.
La défense de Mehdi Bayat et le cri d’alarme sur les ultras
L’administrateur-délégué de Charleroi, Mehdi Bayat, a exprimé son choc face à ces débordements. Pour lui, la violence a été déclenchée par un acte isolé et non par le comportement de ses joueurs. Comme le rapporte walfoot.be, Bayat insiste sur l’absence de provocation initiale de la part de son équipe.
« Si vous regardez les images, tout part d’un incident isolé : Parfait Guiagon se tient là, son drapeau à la main, comme un homme bon enfant, sans animosité, sans provocation.
cluster (priority): RTBF
Mehdi Bayat, administrateur-délégué de Charleroi
Bayat s’est également inquiété de la disparition d’un certain code d’honneur au sein des groupes de supporters.
« Avant, il y avait encore un certain respect au sein de la communauté ultra. Ils géraient leurs affaires entre eux. Maintenant, on a abandonné tout ça. C’est dangereux. […] Le problème, c’est d’identifier les fauteurs de troubles, parce qu’ils sont masqués.
Mehdi Bayat, administrateur-délégué de Charleroi
Tout en appelant à une responsabilité collective impliquant les clubs et la fédération, Bayat a toutefois mis en garde contre une répression à outrance, estimant que le dialogue est la seule voie viable pour reprendre le contrôle des matchs.
La réponse de Marc Wilmots : sanctions et responsabilité des joueurs
Du côté du Standard de Liège, le directeur sportif Marc Wilmots ne nie pas que la tension a été nourrie bien avant le match. Il a notamment évoqué le match aller, où Matthieu Epolo avait célébré son but de manière provocatrice devant les supporters adverses. Selon RTBF, Wilmots décrit la situation comme une escalade devenue incontrôlable.
cluster (priority): DHnet
Pour stopper ce cycle, le Standard a décidé de durcir son règlement interne et d’imposer des restrictions strictes pour les prochaines rencontres :
Interdiction de déplacement : Les supporters visiteurs ne seront plus admis lors des prochains chocs.
Sanctions disciplinaires : Les joueurs qui allumeront des mèches ou provoqueront les supporters seront suspendus.
Cette approche est soutenue par l’ancien joueur Philippe Albert, qui estime que les joueurs doivent être responsabilisés. Selon lui, imiter des provocations passées en allant à Sclessin est une erreur tactique et humaine, car ils savent que le climat y est particulièrement volatil.
Un cycle de violence systémique dans le football wallon
Au-delà des sanctions immédiates, cet incident soulève la question d’une dérive structurelle du football en Belgique. L’analyse montre que la responsabilité est partagée entre plusieurs acteurs : des supporters violents, des joueurs qui alimentent les tensions par des déclarations belliqueuses, et une presse qui amplifie souvent ces provocations avec des titres accrocheurs.
Le risque majeur est l’habitude. Lorsque des scènes de panique deviennent presque banales, le danger d’un drame humain augmente. Si les directions des deux clubs s’entendent actuellement pour calmer le jeu, l’inquiétude demeure quant à la capacité des autorités à traiter le problème de fond plutôt que de simplement gérer l’urgence.
Le football wallon, qui aurait dû célébrer sa passion lors de ce derby, se retrouve aujourd’hui face à un miroir déformant où la peur l’emporte sur le sport. La question reste entière : les mesures de restriction suffiront-elles, ou faudra-t-il un drame pour que le système change réellement ?
Camille Renault couvre le sport français et international, avec une attention particulière au football, au rugby, au tennis et aux grands rendez-vous de compétition. Son écriture conjugue précision, rythme et sens du résultat.