Publié le 28 septembre 2025 à 22h05. L’offre de BBVA sur Sabadell entre dans sa phase décisive, avec l’espoir d’atteindre un seuil d’acceptation de 50% malgré les réticences de certains actionnaires, notamment les investisseurs institutionnels et les particuliers attachés à l’identité catalane de la banque.
- BBVA espère franchir le cap des 50% d’acceptation de son offre sur Sabadell, malgré l’absence de nouvelle amélioration du prix ou d’extension du délai.
- Les investisseurs institutionnels, détenant près de 30% du capital de Sabadell, pourraient être incités par l’augmentation de 10% de l’offre, mais les actionnaires individuels restent plus difficiles à convaincre.
- En cas d’échec à atteindre 50%, BBVA pourrait se rabattre sur un seuil d’acceptation de 30%, mais cela impliquerait une nouvelle offre publique d’achat à un prix plus élevé.
BBVA est désormais confronté à la dernière ligne droite de son offre publique d’achat (OPA) sur Sabadell. La banque espagnole a fermé la porte à toute nouvelle amélioration du prix ou prolongation de la période d’acceptation, laissant désormais le sort de l’opération entre les mains des actionnaires. L’objectif principal pour Carlos Torres, président de BBVA, est d’atteindre les 50% du capital social de l’entité catalane, comme initialement proposé en mai 2024.
L’augmentation de 10% de l’offre pourrait encourager une partie des investisseurs institutionnels, qui représentent près de 30% du capital de Sabadell. Cependant, la banque joue également une carte auprès des actionnaires individuels, dont le poids pourrait être légèrement inférieur à la moitié du capital. Les sources financières soulignent que BBVA cible particulièrement les actionnaires non institutionnels détenant au moins 500 000 euros de titres de Sabadell, dans l’espoir de les convaincre d’accepter l’offre.
Les petits investisseurs, souvent fortement attachés à leur territoire et à la tradition bancaire familiale, pourraient être moins enclins à céder leurs actions. En cas d’échec à atteindre les 50%, BBVA a la possibilité de renoncer à ce seuil et de se contenter de 30% du capital de Sabadell. Selon Citi, les chances que BBVA atteigne une acceptation supérieure à 50% sont de 35%, tandis que la probabilité de se situer entre 30% et 50% est estimée à 45%.
Si BBVA devait renoncer au seuil de 50% et décider de poursuivre l’opération, il devrait lancer une seconde OPA obligatoire dans un délai d’un mois, avec une option de paiement en espèces pour le capital restant. Carlos Torres a cependant affirmé vendredi dernier qu’il n’envisageait pas cette option. La Commission nationale du marché des valeurs mobilières (CNMV) pourrait exiger que cette seconde offre soit proposée à un prix supérieur à la première, ce que le conseil d’administration de Sabadell anticipe déjà comme un moyen de dissuader les investisseurs de vendre au premier tour.
Le conseil d’administration de Sabadell doit publier un nouveau rapport d’ici mardi 30 septembre, formulant une recommandation à ses environ 200 000 actionnaires concernant l’offre améliorée. La direction de la banque a déjà exprimé publiquement que cette offre lui semblait moins favorable que la précédente et devrait donc conseiller de ne pas l’accepter. César González-Bueno, PDG de Banco Sabadell, a indiqué lundi dernier qu’aucun des actionnaires clients de l’entité ne s’était encore engagé à accepter l’offre.
L’attitude de l’investisseur mexicain David Martínez, membre du conseil d’administration de Sabadell et deuxième actionnaire de la banque, reste une inconnue. Il avait précédemment exprimé son rejet de l’offre initiale et demandé une augmentation du prix, à laquelle Torres a finalement accédé. De même, la position des assureurs Zurich et des gestionnaires d’actifs Amundi, avec lesquels Sabadell a conclu des alliances, est incertaine. Leur participation combinée représente près de 6% du capital.
Les actionnaires minoritaires de Sabadell critiquent l’offre, la jugeant clairement insuffisante et ne reflétant pas la valeur réelle de la banque. Ils estiment qu’une OPA hostile sans prime de 30 à 40% est inacceptable. L’association des actionnaires minoritaires de Banco Sabadell (NEM) a également recommandé de ne pas accepter l’offre, la jugeant peu attrayante, malgré l’amélioration récente qui a permis de sortir des chiffres négatifs observés depuis janvier dernier. Le cours de l’action a clôturé vendredi à +2,1%, après avoir affiché un -7,64% avant l’annonce de l’augmentation de l’offre.
Les modifications apportées par BBVA, notamment le passage à un échange entièrement en actions sans partie en numéraire, ne semblent pas non plus convaincre les investisseurs. Si le seuil d’acceptation de 50% est dépassé, les actionnaires bénéficieront d’un régime de neutralité fiscale. En revanche, en cas d’échec, les investisseurs qui auront vendu leurs actions devront payer des impôts sur la plus-value réalisée.
Le suspense restera entier jusqu’à la date limite fixée au 10 octobre, et le résultat final sera connu le 17 octobre. L’avenir de Carlos Torres à la tête de BBVA dépendra en grande partie de l’issue de cette OPA.
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