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Bouchons en Suisse : +22% d’heures perdues, un réseau sous pression

L'Office fédéral des routes (OFROU) a enregistré 68 040 heures de bouchons sur le réseau national en 2025, soit une hausse de 22 % par rapport à l'année précédente. Selon des données relayées par 20 minutes, cette saturation…

Une multiplication des heures perdues depuis 2020

L’Office fédéral des routes (OFROU) a enregistré 68 040 heures de bouchons sur le réseau national en 2025, soit une hausse de 22 % par rapport à l’année précédente. Selon des données relayées par 20 minutes, cette saturation s’explique par une croissance massive du trafic autoroutier depuis 1990.

Le réseau routier suisse atteint un point de rupture. Les ralentissements ne se cantonnent plus aux seules heures de pointe, mais saturent désormais certains axes durant une grande partie de la journée. Cette situation rend les déplacements moins prévisibles et augmente la durée des embouteillages.

Une multiplication des heures perdues depuis 2020

L’évolution des chiffres révèle une accélération brutale de la congestion. Si l’année 2025 a culminé à 68 040 heures de bouchons, le constat est encore plus frappant lorsqu’on regarde le début de la décennie. Comme le souligne Le Temps, le total des heures perdues a été multiplié par trois en seulement cinq ans, passant de 22 575 heures en 2020 au volume actuel. Cette pression résulte d’un déséquilibre flagrant entre les types de routes. Depuis 1990, le trafic sur les voies ordinaires a progressé de 30 %, un rythme aligné sur la croissance démographique. En revanche, le trafic sur les autoroutes a bondi de 140 %. Cette densité extrême rend le réseau hypersensible. Un freinage brusque, une panne mécanique ou un accident mineur suffisent désormais à provoquer des ralentissements majeurs, car la capacité maximale des infrastructures est quasi systématiquement atteinte.

L’investissement de 9 milliards de francs d’ici 2045

L'investissement de 9 milliards de francs d'ici 2045
Photo: Le Temps
Pour répondre à cette saturation, le Conseil fédéral a planifié un investissement massif de 9 milliards de francs alloués aux routes nationales d’ici 2045. La stratégie repose sur l’élargissement de points noirs critiques pour fluidifier le transit. Les priorités immédiates concernent l’autoroute A1, avec des projets d’élargissement à six voies sur deux tronçons spécifiques :
  • Le segment situé entre Aarau-Est et Birrfeld dans le canton d’Argovie (AG).
  • Le tronçon reliant Perly à Bernex dans le canton de Genève (GE).
L’objectif est de réduire les goulets d’étranglement, bien que l’efficacité à long terme de ces extensions fasse l’objet de vifs débats politiques.

Le conflit politique entre expansion et écologie

Travail, bouchons, travail… : les frontaliers à bout face à des trajets interminables vers la Suisse
L’élargissement des infrastructures divise profondément la classe politique. D’un côté, la présidente des Verts dénonce une stratégie qui encourage l’augmentation du trafic. Selon ce parti, chaque nouvelle voie créée génère mécaniquement plus de circulation, de bruit et d’émissions polluantes. Cette position s’appuie également sur le vote populaire de 2024, qui avait rejeté plusieurs projets d’extensions autoroutières. À l’opposé, le président d’Auto Suisse estime que les investissements sont insuffisants. L’organisation considère que la Confédération privilégie trop fortement le transport ferroviaire, alors que les automobilistes contribuent largement au financement des infrastructures routières.

Les points critiques et le record du tunnel du Gothard

Les points critiques et le record du tunnel du Gothard
La congestion atteint des sommets lors des périodes de vacances, particulièrement sur l’axe nord-sud. Selon blue News, le trafic s’intensifie dès la fin juin, notamment avec le transit de vacanciers venant d’Allemagne et des Pays-Bas. L’A2, avec le tunnel du Gothard, et l’A13, via le tunnel du San Bernardino, sont les zones les plus touchées. Les tunnels du Mont-Blanc et du Grand-Saint-Bernard constituent également des points de blocage majeurs pour les voyageurs se rendant en Italie.
Indicateur Donnée vérifiée
Record de bouchon au Gothard 28 kilomètres (enregistré en 1999 et 2018)
Attente habituelle (Pâques) Entre 20 et 25 kilomètres (jusqu’à 4 heures d’attente)
Longueur des files (week-ends) Peuvent dépasser 10 kilomètres selon le TCS
Face à ces files d’attente, les autorités déconseillent formellement l’utilisation des routes secondaires. Ce détournement engendre des nuisances pour les riverains, perturbe les transports publics locaux et augmente les risques sécuritaires.

Les outils de gestion du trafic de l’OFROU

En attendant les travaux d’infrastructure, l’OFROU et les polices cantonales déploient des mesures de gestion dynamique pour optimiser l’espace disponible. Ces outils visent à lisser le flux de véhicules et à prévenir les accidents liés aux freinages brusques. Les mesures appliquées incluent :
  • L’harmonisation des limitations de vitesse pour éviter les chocs.
  • L’ouverture temporaire de la bande d’arrêt d’urgence à la circulation.
  • La régulation des accès aux autoroutes pour limiter l’apport de véhicules.
  • L’utilisation de panneaux de signalisation et d’information variables.
Malgré ces efforts, l’OFROU prévoit que la fréquentation des autoroutes restera élevée et pourrait continuer de croître, maintenant le réseau sous une pression constante pour les années à venir.

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À propos de l’auteur: Nicolas Lefèvre

Nicolas Lefèvre couvre l’actualité française, de la vie politique aux questions sociales et économiques. Il privilégie les explications claires, les faits datés et les informations directement utiles au lecteur.