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Bouleversé lorsque quatre cafés londoniens ont été cédés à la chaîne de café Daisy Green

Publié le 21 décembre 2025 à 10h31. La décision de confier la gestion de quatre cafés emblématiques de Londres à une chaîne spécialisée suscite l'indignation de la communauté locale, craignant une perte d'identité et des conséquences sur l'emploi.…

Bouleversé lorsque quatre cafés londoniens ont été cédés à la chaîne de café Daisy Green

Publié le 21 décembre 2025 à 10h31. La décision de confier la gestion de quatre cafés emblématiques de Londres à une chaîne spécialisée suscite l’indignation de la communauté locale, craignant une perte d’identité et des conséquences sur l’emploi.

  • La City of London Corporation a choisi Daisy Green pour remplacer les exploitants actuels des cafés situés à Queen’s Park, Golders Hill Park, Parliament Hill Lido et Parliament Hill Fields à partir du printemps 2026.
  • Les gérants actuels, dont certains sont présents depuis des décennies, devront quitter les lieux avant le 31 janvier.
  • Une pétition en ligne a recueilli plus de 20 000 signatures pour tenter de sauver ces établissements, soutenue par des personnalités publiques.

C’est un coup dur pour les habitués et les gérants de ces cafés, véritables lieux de vie prisés des Londoniens. Emma Fernandez et Patrick Matthews, qui dirigent trois des sites concernés depuis dix ans, dénoncent une décision qui menace le tissu social de ces quartiers. Ils craignent également pour l’avenir des 50 emplois qu’ils offrent, oscillant entre 30 et 50 personnes selon la saison.

La City of London Corporation justifie son choix par la nécessité d’investissements et la volonté de proposer des baux plus stables. Selon l’échevin Gregory Jones KC, président du comité de Hampstead Heath, Highgate Wood et Queen’s Park, Daisy Green apportera « de l’énergie, de la créativité et des investissements à chaque site ». Il souligne que l’entreprise a démontré « le meilleur mélange de qualité, de durabilité, d’abordabilité et de valeur communautaire ».

Emma Fernandez, visiblement affectée, exprime son désarroi :

« Nous avons créé un véritable centre communautaire. La City of London Corporation est en train de détruire ce tissu qui unit la communauté. Nous ne sommes pas ici pour essayer de gagner de l’argent. Nous sommes ici parce que nous aimons ça et nous travaillons avec notre cœur. »

Emma Fernandez, cogérante des cafés

Parmi les clients fidèles du Parliament Hill Lido Cafe figurent des personnalités comme les acteurs Benedict Cumberbatch et James McAvoy, qui soutiennent activement l’établissement. Kate Orr, une habituée du Lido, explique que le café fait partie intégrante de la vie du quartier. Imogen West, une autre cliente, ajoute que cet endroit est un lieu de rencontre pour tous, indépendamment de leur situation financière.

Ce n’est pas la première fois qu’une tentative de changement de gestion suscite une telle mobilisation. En 2016, une chaîne de café, Benugo, avait finalement renoncé à reprendre le Parliament Hill Cafe suite à une forte opposition, menée notamment par le député de l’époque, Sir Keir Starmer, aujourd’hui Premier ministre.

Daisy Green, spécialisée dans les cafés et restaurants inspirés de la culture australienne du café, possède déjà plus de 20 établissements à Londres. Sa cofondatrice, Prue Freeman, se dit « ravie » d’avoir été choisie et assure que son entreprise souhaite préserver l’esprit de ces lieux :

« En tant qu’entreprise indépendante basée à Londres, nous sommes fiers de notre soutien de longue date aux fournisseurs locaux et aux associations caritatives, en proposant des activités familiales et en gérant des opérations respectueuses de l’environnement. Nous voulons que ces cafés restent des espaces accueillants où chacun se sent inclus et connecté à ces espaces très spéciaux. »

Prue Freeman, cofondatrice de Daisy Green

La situation du café italien de Parliament Hill Fields, géré par la famille D’Auria depuis 45 ans, est également préoccupante. Stefan Simanowitz, journaliste et figure de proue de la campagne « sauvons nos cafés », a lancé une pétition qui a recueilli plus de 20 000 signatures et compte bien continuer le combat.

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À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.