La boxe de petites salles au Royaume-Uni est confrontée à des difficultés croissantes, avec une augmentation significative des coûts d’organisation et une baisse de l’intérêt du public, selon les promoteurs. Cette situation met en péril l’avenir de nombreux boxeurs émergents et l’accès à ce sport pour les fans.
Organiser une soirée de boxe correcte coûte désormais cher. Dans le nord de l’Angleterre, il faut débourser environ 15 000 £ (environ 17 500 €) avant même de payer les combattants. Au sud, les dépenses sont encore plus élevées : Steve Goodwin, promoteur qui a encadré plus de 70 champions à différents niveaux, estime à environ 22 000 £ (environ 26 000 €) le coût d’un événement à York Hall, à Londres.
Plusieurs facteurs expliquent cette situation préoccupante. « Les gens sont généralement moins aisés, je suis conseiller financier de profession et l’ouvrier moyen a moins de ressources », explique Goodwin, basé à Leighton Buzzard, dans le Bedfordshire. « Nous constatons une baisse importante des ventes de billets, non seulement auprès des boxeurs, mais aussi auprès du grand public. »
Le coût de la vie a un impact direct sur la capacité des spectateurs à acheter des billets. Par ailleurs, l’intérêt pour la boxe a été affecté par les changements dans les droits de diffusion télévisuelle. Sky Sports s’est retiré du sport après l’expiration de son contrat avec Boxxer, réduisant ainsi la visibilité de la discipline.
Goodwin s’inquiète également du nombre de téléspectateurs de DAZN, la nouvelle plateforme de diffusion, qu’il juge insuffisant pour attirer de nouveaux fans. « Personnellement, je ne me soucie pas des justifications avancées par certains, la boxe n’est pas dans une situation idéale », affirme-t-il. « Lorsque je parle de boxe à des passionnés, à des amis, ils ne connaissent plus les noms des boxeurs. Ce n’est pas bon pour la boxe. Si les gens ne connaissent pas les meilleurs, ils sont moins susceptibles de s’intéresser aux combats de petites salles. »
Sky Sports prévoit de revenir dans le sport en 2026 avec de nouveaux promoteurs, mais Goodwin reste pessimiste quant à l’état actuel de la boxe britannique.