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Brigitte Bardot, French screen legend, dies aged 91 | Brigitte Bardot

by Antoine Girard

L’icône du cinéma français Brigitte Bardot, actrice révélée par Et Dieu créa la femme avant de se consacrer à la défense des animaux, est décédée à l’âge de 91 ans. Sa disparition a suscité une vague d’hommages, allant de la Présidence de la République aux figures de la droite politique.

L’Élysée a salué dimanche une femme qui « incarnait la liberté » et « un éclat universel », déplorant la perte d’une « légende du XXe siècle ». Jordan Bardella, président du Rassemblement National (RN), parti que Bardot soutenait, a décrit une femme « de cœur, de conviction et de caractère », une « patriote ardente » et une figure de « courage et de liberté ». Marine Le Pen, qu’elle avait un jour qualifiée de « Jeanne d’Arc du XXIe siècle », a exprimé sa tristesse, soulignant le talent, le courage, la franchise et la beauté de l’actrice, affirmant qu’elle était « incroyablement française », « libre, indomptable, entière ».

La Fondation Brigitte Bardot a annoncé le décès de sa fondatrice et présidente dans un communiqué transmis à l’Agence France-Presse, sans préciser la date ni le lieu du décès. La fondation a souligné que Bardot avait choisi d’abandonner une carrière prestigieuse pour consacrer sa vie et son énergie au bien-être animal.

La ville de Saint-Tropez, où Bardot a passé une partie de son enfance et où le film Et Dieu créa la femme a été tourné, a rendu hommage à celle qui a « contribué à faire rayonner Saint-Tropez dans le monde entier », la considérant comme son « ambassadrice la plus radieuse » et une figure essentielle de sa mémoire collective.

Brigitte Bardot a accédé à la célébrité internationale en 1956 grâce à Et Dieu créa la femme, réalisé par son époux de l’époque, Roger Vadim. Pendant deux décennies, elle a incarné l’image de la « pin-up » française. Au début des années 1970, elle a annoncé sa retraite du cinéma pour s’engager de plus en plus dans la politique et le militantisme pour la défense des animaux.

Cependant, les prises de position controversées de Bardot sur les minorités ethniques, l’immigration, l’islam et l’homosexualité lui ont valu plusieurs condamnations pour incitation à la haine raciale. Entre 1997 et 2008, elle a été condamnée à six amendes par les tribunaux français pour ses propos, notamment ceux visant la communauté musulmane de France. En 2007, elle a été condamnée à verser 15 000 € (environ 13 000 £) pour avoir qualifié les musulmans de « population qui nous détruit, qui détruit notre pays en imposant ses actes ».

Née à Paris en 1934, Brigitte Bardot a grandi dans une famille catholique traditionnelle et aisée. Elle a cependant excellé dans la danse, ce qui lui a permis d’intégrer le prestigieux Conservatoire de Paris. Parallèlement, elle a débuté une carrière de mannequin, apparaissant à la couverture du magazine Elle en 1950, à l’âge de 15 ans. C’est grâce à son travail de mannequin qu’elle a obtenu ses premiers rôles au cinéma, rencontrant notamment Roger Vadim lors d’une audition. Elle a joué dans des rôles secondaires, gagnant progressivement en notoriété, comme dans Le docteur en détresse (1955), un succès au Royaume-Uni.

Mais c’est Et Dieu créa la femme qui a véritablement consacré son image et fait d’elle une icône internationale. Le film a rencontré un immense succès en France et à l’étranger, propulsant Bardot au rang de première actrice française. Elle est rapidement devenue une source d’inspiration pour les intellectuels et les artistes, notamment John Lennon et Paul McCartney, qui ont demandé à leurs petites amies de se teindre les cheveux en blond pour lui ressembler. Le journaliste Raymond Cartier a publié un article détaillé sur « le cas Bardot » dans Paris-Match en 1958, tandis que Simone de Beauvoir a publié son essai célèbre Brigitte Bardot et le syndrome de Lolita en 1959, présentant l’actrice comme la femme la plus libérée de France. En 1969, Bardot a été choisie comme premier modèle réel pour Marianne, symbole de la République française.

Dans les années 1960, Bardot a joué dans plusieurs films français prestigieux, dont La Vérité d’Henri-Georges Clouzot, Cléo de 5 à 7 de Michel Vianey et Le Mépris de Jean-Luc Godard. Elle a également accepté plusieurs offres hollywoodiennes, participant à des films tels que Viva Maria!, avec Jeanne Moreau, et Shalako, avec Sean Connery.

Bardot a également mené une carrière musicale en parallèle, enregistrant notamment la version originale de Je t’aime… moi non plus, écrite par Serge Gainsbourg pour elle. Craignant un scandale après que son mari, Gunter Sachs, ait découvert leur liaison, Bardot a demandé à Gainsbourg de ne pas la sortir. Il l’a ensuite réenregistrée avec Jane Birkin, avec un succès commercial considérable.

Cependant, Bardot a trouvé la pression de la célébrité de plus en plus pesante, confiant au Guardian en 1996 : « La folie qui m’entourait m’a toujours semblé irréelle. Je n’étais jamais vraiment préparée à la vie de star. » Elle a pris sa retraite du cinéma en 1973, à l’âge de 39 ans, après avoir tourné le film historique L’Histoire d’Colinot. Elle s’est alors consacrée corps et âme à la défense des animaux, participant à des manifestations contre la chasse aux phoques en 1977 et créant la Fondation Brigitte Bardot en 1986.

Bardot a ensuite envoyé des lettres de protestation à des chefs d’État du monde entier concernant des questions telles que l’extermination des chiens en Roumanie, la mise à mort des dauphins aux îles Féroé et le massacre des chats en Australie. Elle a également exprimé régulièrement des opinions tranchées sur l’abattage rituel des animaux. Dans son livre Un cri dans le silence (2003), elle a affiché des positions politiques de droite et critiqué les hommes gays, les enseignantes et la « islamisation de la société française », ce qui lui a valu une nouvelle condamnation pour incitation à la haine raciale.

Bardot a été mariée quatre fois : à Roger Vadim (1952-1957), à Jacques Charrier (1959-1962), avec qui elle a eu un fils, Nicolas, en 1960, à Gunter Sachs (1966-1969) et à Bernard d’Ormale, ancien conseiller de Jean-Marie Le Pen, qu’elle a épousé en 1992. Elle a également eu plusieurs relations amoureuses médiatisées, notamment avec Jean-Louis Trintignant et Serge Gainsbourg.

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