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«Ça m’a ouvert les yeux» : Félix Auger-Aliassime sur le tennis, le Togo et le parcours de son père | Open d’Australie 2026

by Camille Renault

Publié le 15 janvier 2025 à 10h30. Le joueur de tennis canadien Félix Auger-Aliassime, actuellement classé parmi les cinq meilleurs mondiaux, puise sa motivation dans ses racines togolaises et transforme un souvenir d’enfance en une action concrète pour soutenir le développement de son pays d’origine.

  • Félix Auger-Aliassime a été profondément marqué par un voyage au Togo à l’âge de 13 ans, où il a découvert les conditions de vie de son père et de ses ancêtres.
  • Depuis 2020, il s’engage financièrement et humanitairement au Togo, notamment via l’association Care et l’initiative #FAAPointsForChange.
  • Après une période difficile, Auger-Aliassime retrouve une forme exceptionnelle et ambitionne de se mesurer aux meilleurs joueurs mondiaux.

Pour Félix Auger-Aliassime, le tennis est bien plus qu’un sport. C’est aussi un moyen de rendre hommage à ses origines et d’apporter une contribution concrète au Togo, pays natal de son père, Sam. Un voyage effectué à l’âge de 13 ans a été déterminant dans sa prise de conscience.

« Imagine que tu as 13 ans. J’étais allé en Europe, en Amérique, j’habite au Canada. Et puis tu vas au Togo ; c’est un peu différent, tu sais ? »

Félix Auger-Aliassime, joueur de tennis

Ce premier aperçu du pays de ses ancêtres a été un choc pour le jeune Auger-Aliassime. Il a pu mesurer les difficultés rencontrées par son père avant son émigration au Canada. « Cela m’a ouvert les yeux », confie-t-il. « J’avais entendu des histoires, mais cela m’a ouvert les yeux sur la réalité de ce à quoi mon père a été confronté en grandissant, les conditions. Et vous vous battez contre le sort. Si nous sommes dans une course avec le reste du monde, tu commences plus loin derrière au Togo que, disons, au Canada. »

Dès lors, il a nourri le désir de faire quelque chose pour le Togo. Ce désir s’est concrétisé en 2020 avec un partenariat avec l’organisation humanitaire Care. Son initiative #FAAPointsForChange, en particulier, permet de reverser 5 $ (environ 3,70 £) pour chaque point gagné lors des tournois au profit des enfants togolais, un montant triplé par son partenaire BNP Paribas. Ces fonds sont investis dans divers projets, notamment la fourniture de matériel scolaire et sportif, ainsi que des bourses d’études pour les jeunes adultes. Plus de 2 700 personnes ont déjà bénéficié de ces actions.

Auger-Aliassime insiste sur l’importance de l’état d’esprit qu’il a découvert au Togo. « Vous imaginez comment c’est, mais ce n’est pas tout à fait la réalité. J’ai vu leurs difficultés, mais cela ne changeait rien au fait que les gens étaient de bonne humeur. Ils avaient le sourire aux lèvres, c’étaient des gens positifs et tout le monde était gentil les uns envers les autres », témoigne-t-il. Il souligne également les défis liés à l’accès à l’éducation : « Combien d’enfants y avait-il dans une classe, jusqu’à 50 ? La matière n’est pas du tout la même. L’infrastructure est adaptée aux conditions là-bas, mais elle est loin d’atteindre le niveau de ce que nous avons au Canada ou en Europe. »

Le dernier voyage d’Auger-Aliassime au Togo, en décembre 2024, a coïncidé avec un regain de forme spectaculaire. Après une période de doute et une chute au 29e rang mondial, le joueur a retrouvé ses sensations et a enchaîné les victoires à la fin de l’année 2024, remportant son huitième titre à Bruxelles et atteignant les demi-finales de la finale de l’ATP. Il figure désormais parmi les cinq meilleurs joueurs mondiaux.

« Ce n’était pas comme si je perdais tout le temps. Mais c’est sûr qu’il y avait des mois où je me demandais : ‘OK, quelle est mon approche tactique avec mon jeu ?’ Une fois que j’ai réglé les problèmes physiques, je me suis dit : « OK, maintenant je suis de nouveau en bonne santé. Comment est-ce que je joue ? » », explique-t-il.

Au-delà de ses performances sportives, Auger-Aliassime est reconnu pour son professionnalisme et son humilité. Il aborde l’Open d’Australie avec ambition, conscient qu’il fait partie des rares joueurs capables de défier la domination de Carlos Alcaraz et Jannik Sinner.

À 25 ans, Auger-Aliassime est déjà un joueur expérimenté. Il se souvient de ses débuts, à 14 ans, lorsqu’il est devenu le plus jeune joueur masculin à remporter un match ATP Challenger. Il est conscient des attentes qui pesaient sur ses épaules à l’époque, mais il reste concentré sur ses objectifs et sur l’importance de ses racines.

« Il a rencontré ma maman, et ils ont passé un très bon moment au Togo. Et puis déménager au Canada, c’était différent pour lui. C’était difficile, parce que d’un coup, il faut venir travailler. Vous ne voulez pas que ce soit un échec. Vous ne voulez pas déménager au Canada et […] vous finissez simplement, je ne sais pas, à quitter votre emploi sans parvenir à quelque chose. »

Félix Auger-Aliassime, joueur de tennis, évoquant son père

Félix Auger-Aliassime en action contre Jannik Sinner lors de la finale de l'ATP à Turin en novembre.
Félix Auger-Aliassime en action contre Jannik Sinner lors de la finale de l’ATP à Turin en novembre. Photographie : Alessandro Di Marco/EPA
Félix Auger-Aliassime, 18 ans, serre la main de Rafael Nadal à l'Open de Madrid en 2019.
Félix Auger-Aliassime, 18 ans, serre la main de Rafael Nadal à l’Open de Madrid en 2019. Photographie : Rubén Albarrán/Shutterstock

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