Publié le 27 novembre 2025 à 03h20. Un incendie d’une rare violence a ravagé un complexe résidentiel à Hong Kong, faisant au moins 44 morts et des centaines de disparus. Cette catastrophe, la plus meurtrière qu’ait connue la région depuis des décennies, met en lumière la densité de population et les défis de sécurité de la métropole.
- Au moins 44 personnes, dont un pompier, ont péri dans l’incendie du complexe Wang Fuk Court, dans le district de Tai Po.
- Près de 300 personnes étaient initialement portées disparues, et environ 900 habitants ont été évacués.
- Les autorités enquêtent sur les causes de l’incendie, qui pourrait être lié à des travaux de rénovation et à des matériaux non conformes aux normes de sécurité.
L’incendie s’est déclaré mercredi après-midi, peu avant 15h00 (8h00 heure de Paris), dans le complexe immobilier Wang Fuk Court, situé dans le nord de Hong Kong. Les flammes se sont rapidement propagées à sept des huit tours de 31 étages qui composent ce complexe construit en 1983 et abritant près de 2 000 logements.
Les pompiers, qui ont déclenché le niveau d’alerte 5 – le plus élevé – ont lutté toute la nuit pour maîtriser le brasier. Jeudi matin, des fumées grises s’échappaient encore des bâtiments, bien que l’intensité des flammes ait diminué. Plus de 1 200 personnes, dont plus de 200 pompiers et 100 ambulances, ont été mobilisées pour les opérations de secours.
Selon les témoignages, de nombreuses personnes âgées se trouvaient dans l’immeuble au moment du sinistre. Environ 900 habitants ont été évacués vers des centres d’hébergement temporaires, et des dizaines d’autres ont été hospitalisés, dont certains dans un état critique.
Les causes exactes de l’incendie restent à déterminer. La police a arrêté trois responsables de l’entreprise chargée des travaux de rénovation, soupçonnés de négligence et susceptibles d’être inculpés d’homicide involontaire. L’enquête porte notamment sur la conformité des matériaux utilisés, notamment les échafaudages en bambou – une pratique courante à Hong Kong – et les bâches en plastique qui recouvraient les façades.
Les autorités suspectent que certains de ces matériaux ne respectaient pas les normes de sécurité incendie. Des vents d’environ 14 km/h ont également contribué à la propagation rapide des flammes.
Hong Kong était en alerte rouge incendies depuis lundi, en raison de conditions météorologiques particulièrement sèches et venteuses. Le taux d’humidité relative, à seulement 16 %, était le plus bas enregistré depuis le début des mesures en 1984.
Cette catastrophe souligne les défis posés par la forte densité de population de Hong Kong, une région administrative spéciale de Chine comptant 7,5 millions d’habitants. Avec plus de 7 100 habitants au kilomètre carré en moyenne, et jusqu’à trois fois plus dans les zones urbanisées, Hong Kong est l’une des régions les plus densément peuplées au monde. La ville est célèbre pour ses gratte-ciel, avec 569 bâtiments de plus de 150 mètres de hauteur, un record mondial selon le Conseil sur les grands immeubles et l’habitat urbain (CTBUH).
Ces dernières décennies, la construction de tours résidentielles de plus de 50 étages s’est multipliée, notamment dans la région verdoyante des Nouveaux Territoires, où se trouve le quartier de Tai Po.