Publié le 29 septembre 2025 à 18h30. Une étude scientifique récente relance le débat sur les premiers animaux ayant peuplé la Terre, suggérant que les éponges de mer pourraient être à l’origine de l’évolution animale, bien avant l’explosion du Cambrien.
- Des chercheurs du Massachusetts Institute of Technology (MIT) ont identifié des composés chimiques datant de plus de 600 millions d’années qui pointent vers la présence d’éponges marines primitives.
- Ces « fossiles chimiques » sont des stérols conservés dans des roches d’Oman, d’Inde et de Sibérie.
- L’étude renforce l’hypothèse que les éponges étaient des organismes multicellulaires simples, jouant un rôle clé dans la transition vers des écosystèmes plus complexes.
Une équipe de géochimistes du Massachusetts Institute of Technology (MIT) a publié ses conclusions dans la revue PNAS. Leurs recherches, basées sur l’analyse de composés chimiques préservés dans des roches extrêmement anciennes, suggèrent que les éponges de mer pourraient être les plus anciens animaux de notre planète. Cette découverte remet en question les théories établies sur l’apparition de la vie complexe et ouvre de nouvelles perspectives sur l’évolution animale.
Les scientifiques ont analysé ce qu’ils appellent des « fossiles chimiques » : des vestiges moléculaires piégés dans des sédiments pendant des centaines de millions d’années. Ils se sont concentrés sur les tapis, dérivés des stérols présents dans les membranes cellulaires. Ces composés se sont révélés être un outil précieux pour détecter l’existence de formes de vie primitives, même en l’absence de restes physiques visibles.
L’étude relie ces fossiles chimiques aux Demosponjas, un groupe d’éponges de mer actuelles qui partagent certaines caractéristiques biochimiques avec leurs ancêtres. Selon les auteurs, les éponges auraient été des animaux simples, mais multicellulaires, qui habitaient les océans de la période pré-cambrienne, jouant un rôle essentiel dans la transition vers des écosystèmes plus élaborés.
Ce n’est pas la première fois que cette hypothèse est avancée. Des tests préliminaires avaient déjà été publiés en 2009 par la même équipe de recherche. Cependant, la communauté scientifique a longtemps débattu de la possibilité que ces composés aient une origine autre que celle des animaux, potentiellement liée à des algues ou à d’autres organismes. Cette incertitude a maintenu la question de l’identité du premier animal dans l’histoire de la Terre sans réponse définitive.
La nouvelle étude apporte des éléments de preuve supplémentaires. Les chercheurs ont identifié 31 stérols à chaîne carbonée longue (C31) présents dans les éponges modernes, mais absents des algues. Ces composés ont été retrouvés dans des roches provenant d’Oman, d’Inde et de Sibérie, datant de plus de 600 millions d’années. Pour les scientifiques, la présence de C31 renforce le lien direct entre les fossiles chimiques découverts et les éponges marines.
L’équipe du MIT a également étudié comment ces molécules ont pu évoluer au fil du temps géologique. Grâce à la synthèse chimique, ils ont démontré que les stérols d’éponges peuvent se dégrader en structures similaires à celles observées dans les roches. Ce résultat expérimental apporte un soutien supplémentaire à l’hypothèse et réduit les doutes sur d’autres interprétations possibles.
Si les éponges étaient effectivement les premiers animaux, leur apparition remonterait à la période précédant l’explosion cambrienne, lorsque la grande diversification des formes de vie a eu lieu. Cela placerait les éponges comme un groupe fondamental dans l’histoire évolutive et aiderait à comprendre comment les bases de l’émergence d’organismes plus complexes ont été posées.
Les chercheurs prévoient d’étendre leurs recherches à d’autres régions du globe. Ils espèrent que de nouvelles découvertes permettront d’affiner la chronologie et de mieux comprendre l’environnement dans lequel les premiers animaux sont apparus. Bien que le débat reste ouvert, l’étude du MIT constitue à ce jour l’une des preuves les plus solides plaçant les éponges marines à l’origine de l’arbre du vivant animal.
