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Cellule de veille énergétique et climatique

by Amélie Bernard

Publié le 11 décembre 2025 à 00:07:00. Une nouvelle étude révèle que la croissance économique et la réduction des émissions de gaz à effet de serre ne sont plus incompatibles, avec un découplage croissant entre les deux dans le monde entier, dix ans après l’Accord de Paris.

  • 92 % du produit intérieur brut (PIB) mondial et 89 % des émissions mondiales proviennent désormais d’économies qui parviennent à dissocier, de manière relative ou absolue, leur croissance de leurs émissions, contre 77 % pour les deux indicateurs entre 2006 et 2015.
  • Entre 2015 et 2023, les pays représentant plus de 46 % du PIB mondial ont réussi à réaliser un découplage absolu, c’est-à-dire à développer leur économie tout en réduisant leurs émissions de CO₂ en termes absolus.
  • Le nombre de pays ayant atteint un découplage absolu est passé de 32 avant l’Accord de Paris à 43 après.

L’étude, publiée à l’occasion du dixième anniversaire de l’Accord de Paris sur le climat, met en évidence un changement structurel majeur dans l’économie mondiale. Le découplage des émissions, autrefois considéré comme un objectif lointain, est devenu la norme, et pas seulement l’exception. Bien que les émissions mondiales de CO₂ continuent d’augmenter, elles le font à un rythme beaucoup plus lent qu’il y a dix ans.

Selon John Lang, responsable du Net Zero Tracker à l’ECIU (Energy & Climate Intelligence Unit) et co-auteur du rapport :

« On nous dit parfois que le monde ne peut pas réduire les émissions sans freiner la croissance. C’est le contraire qui se produit. Le découplage est désormais la norme, et non l’exception, et la part de l’économie mondiale qui dissocie les émissions dans l’absolu augmente régulièrement. »

John Lang, responsable du Net Zero Tracker à l’ECIU

Le rapport souligne également que les émissions de CO₂ de la Chine semblent se stabiliser depuis 18 mois, et pourraient avoir atteint un pic.

Gareth Redmond-King, responsable international chez ECIU, ajoute :

« L’élan créé par l’Accord de Paris est imparable – les réalités économiques le rendent ainsi. Des solutions telles que l’énergie solaire ont dépassé à plusieurs reprises les prévisions d’avant Paris, car les coûts ont chuté et les investissements dans les énergies propres dépassent de deux fois ceux dans les combustibles fossiles. Plus de personnes sont employées dans le monde dans les énergies propres que dans les combustibles fossiles, tandis que chez nous, les industries nettes zéro croissent trois fois plus vite que l’économie dans son ensemble. »

Gareth Redmond-King, responsable international chez ECIU

L’étude insiste sur le fait que la neutralité carbone reste la seule solution viable pour limiter les impacts du changement climatique, tout en offrant des bénéfices en termes de santé, de croissance économique et de sécurité alimentaire.

Le découplage est généralisé en Europe et en Amérique du Nord, mais on observe également des progrès significatifs en Amérique du Sud et en Afrique australe. Les États-Unis et l’Union européenne sont en train de s’engager dans un découplage absolu, tandis que l’Inde et la Chine affichent un découplage relatif, avec une augmentation des émissions moins rapide que la croissance de leur PIB entre 2015 et 2023.

Certains pays européens, comme la Norvège, la Suisse et le Royaume-Uni, ont enregistré les réductions d’émissions proportionnelles les plus importantes. Plus de 20 économies mondiales ont démontré un découplage absolu constant au cours des deux dernières décennies.

Le rapport révèle également que de nombreuses économies émergentes ont opéré des changements notables, passant d’une augmentation des émissions plus rapide que la croissance de leur PIB à un découplage absolu. Le Brésil, la Colombie, l’Égypte, la Jordanie et le Mozambique figurent parmi ces pays.

Pour garantir la fiabilité de ses conclusions, le rapport a été soumis à des tests de sensibilité en utilisant différentes périodes d’analyse. Les résultats sont restés cohérents, confirmant que la tendance au découplage n’est pas le fruit du hasard.

Notes aux rédacteurs :

1. Le rapport complet, « 10 ans après Paris : comment le découplage des émissions a progressé à l’échelle mondiale », est disponible en téléchargement ici.

Une analyse précédente de l’ECIU, « 10 ans après Paris : une décennie qui a défié les pronostics », accompagnée d’une infographie, est disponible en téléchargement ici.

Une analyse complémentaire de l’ECIU, « Dix ans après Paris : la croissance des émissions mondiales en forte baisse », est disponible ici.

2. La méthodologie utilisée s’appuie sur des données territoriales et basées sur la consommation du budget carbone mondial, couvrant 113 pays représentant plus de 97 % du PIB mondial et 93 % des émissions mondiales. Les données sur le PIB utilisent les termes de parité de pouvoir d’achat (PPA) des indicateurs de la Banque mondiale.

3. Un enregistrement d’un point de presse sur le dixième anniversaire de l’adoption de l’Accord de Paris sur le changement climatique est disponible en téléchargement ici.

Pour plus d’informations ou pour des demandes d’entretien :

George Smeeton, responsable de la communication, ECIU, Tél. : 07894 571 153, email : [email protected]

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