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Technologie et science

CERN : LHC s’arrête pour préparer le HL-LHC jusqu’en 2030

Le CERN a entamé la phase de maintenance prolongée de son Grand collisionneur de hadrons (LHC), une interruption technique majeure prévue pour durer jusqu'au début de la prochaine décennie. Ce projet de mise à niveau prépare l'installation du…

La transition vers l'ère de la haute luminosité
Le CERN a entamé la phase de maintenance prolongée de son Grand collisionneur de hadrons (LHC), une interruption technique majeure prévue pour durer jusqu’au début de la prochaine décennie. Ce projet de mise à niveau prépare l’installation du High-Luminosity LHC (HL-LHC), destiné à multiplier par dix le taux de collisions de particules.

La transition vers l’ère de la haute luminosité

L’arrêt actuel des opérations du LHC marque le début de la troisième période de maintenance prolongée (LS3). Cette phase de transition est nécessaire pour transformer l’infrastructure actuelle en une machine capable de supporter le projet High-Luminosity LHC (HL-LHC). Selon le calendrier de planification du CERN, cette phase de travaux intensifs doit permettre la reprise des collisions avec une intensité nettement supérieure d’ici 2030.

L’objectif principal de cette interruption n’est pas seulement de réparer les composants usés par des années de fonctionnement intensif, mais de modifier fondamentalement la capacité de l’accélérateur. La luminosité, qui mesure le nombre de collisions de particules par unité de surface et de temps, doit passer à un niveau supérieur pour permettre aux physiciens d’observer des phénomènes extrêmement rares.

Collecte de données et précision sur le boson de Higgs

Le passage au HL-LHC permettra de collecter une quantité de données bien plus importante que lors des cycles précédents. Les ingénieurs du CERN indiquent que cette augmentation de la fréquence des collisions est essentielle pour obtenir des mesures de précision sur le boson de Higgs, une particule dont les propriétés doivent être scrutées pour valider ou infirmer le modèle standard de la physique des particules.

Modernisation de l’infrastructure et des détecteurs

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Les travaux dans les tunnels du CERN se concentrent sur plusieurs axes techniques critiques. Les équipes de maintenance procèdent au remplacement de composants électromécaniques et cryogéniques essentiels au maintien des aimants supraconducteurs. Ces aimants, qui guident les faisceaux de protons à des vitesses proches de celle de la lumière, doivent supporter des courants électriques plus élevés pour maintenir la stabilité des faisceaux densifiés.

Parallèlement à l’accélérateur lui-même, les quatre grands expériences de détection — ATLAS, CMS, ALICE et LHCb — subissent des mises à niveau structurelles. Ces détecteurs doivent être capables de traiter un flux de données exponentiellement plus élevé. Sans ces modifications, le système de lecture des capteurs serait saturé par le nombre de collisions simultanées.

L’augmentation de la luminosité exige une refonte quasi totale de la capacité de traitement des données et de la résistance aux radiations des composants électroniques des détecteurs.
Direction technique du CERN

Les ingénieurs travaillent également sur la chaîne d’injection. Pour atteindre les objectifs de 2030, les accélérateurs qui préparent et accélèrent les protons avant leur entrée dans le LHC doivent également être optimisés pour fournir des faisceaux plus stables et plus denses.

L’impact sur la recherche de la physique au-delà du modèle standard

Cette période de maintenance, bien qu’elle suspende temporairement la production de nouvelles données, est présentée par la communauté scientifique comme un investissement nécessaire pour la prochaine décennie de recherche. La capacité accrue de l’instrumentation permettra de cibler des zones de recherche jusqu’ici inaccessibles.

Les scientifiques cherchent notamment à identifier des traces de matière noire ou des preuves de dimensions supplémentaires. Ces phénomènes, qui ne sont pas expliqués par la physique actuelle, nécessitent une observation statistique massive pour être distingués du bruit de fond des collisions standard.

L’incertitude demeure sur la date exacte de la reprise complète des opérations à pleine capacité. Si les objectifs techniques sont atteints, le LHC devrait redémarrer sous sa forme de haute luminosité vers la fin de la décennie, ouvrant une nouvelle ère d’exploration de la matière à l’échelle subatomique. Les résultats de ces travaux détermineront si le prochain cycle de collisions pourra effectivement répondre aux questions fondamentales sur l’origine de la masse et la structure de l’univers.

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À propos de l’auteur: Thomas Caron

Thomas Caron couvre les technologies, les sciences, l’intelligence artificielle et l’innovation. Il explique les nouveautés sans jargon inutile et distingue les annonces spectaculaires des avancées réellement établies.