Les autorités américaines intensifient le contrôle sur les bénéficiaires du programme DACA, protégeant des jeunes immigrés arrivés aux États-Unis enfants, en scrutant notamment leurs activités sur les réseaux sociaux. Plusieurs arrestations récentes, dont celle d’un militant pro-palestinien, révèlent un changement de stratégie de l’administration Trump, qui pourrait aboutir à des expulsions.
À retenir
- L’administration américaine cible les bénéficiaires du DACA en raison de leurs publications sur les réseaux sociaux, remettant en question la protection automatique offerte par le programme.
- Des arrestations récentes, comme celle de Yaakub Vijandre, illustrent une nouvelle approche plus restrictive, où un simple avis de possible révocation du statut DACA ne suffit plus.
- Les contestations judiciaires du programme DACA se poursuivent, avec des décisions de justice limitant l’accès des bénéficiaires à certains droits et opportunités.
Contexte
Yaakub Vijandre, bénéficiaire du programme DACA (Deferred Action for Childhood Arrivals), a été arrêté début octobre dans la région de Dallas. Six véhicules de forces fédérales ont encerclé son domicile, et un agent a pointé une arme sur lui avant de l’appréhender. Vijandre, arrivé aux États-Unis à l’âge de 14 ans en 2001, est un vidéaste indépendant et militant pro-palestinien. L’administration Trump justifie son arrestation par des publications sur les réseaux sociaux qu’elle juge problématiques.
Le programme DACA, mis en place sous l’administration Obama en 2012, permet aux jeunes immigrés arrivés illégalement aux États-Unis avant l’âge de 16 ans de bénéficier d’un permis de travail et d’une protection contre l’expulsion, à condition de ne pas avoir commis de crimes graves. Ces personnes, souvent appelées « Rêveurs », doivent renouveler leur statut tous les deux ans.
Ce qui change
Jusqu’à présent, les bénéficiaires du DACA recevaient généralement un avertissement avant que les autorités ne tentent de révoquer leur statut. À présent, l’administration Trump semble passer directement à l’arrestation et à la détention, sans donner aux individus la possibilité de contester les accusations portées contre eux. Tricia McLaughlin, secrétaire adjointe à la Sécurité intérieure, a déclaré que le statut DACA « ne confère aucune forme de statut juridique » et que les bénéficiaires peuvent perdre leur protection « pour un certain nombre de raisons, notamment s’ils ont commis un crime ».
Selon l’administration, Vijandre a publié des messages « glorifiant le terrorisme », notamment un message célébrant Abu Musab al-Zarqawi, un ancien chef d’Al-Qaïda en Irak, tué en 2006. Son avocat, Chris Godshall-Bennett, conteste cette interprétation, affirmant que l’activité de Vijandre sur les réseaux sociaux relève d’un « discours clairement » protégé.
Depuis l’entrée en fonction de Donald Trump en janvier 2017, une vingtaine de bénéficiaires du DACA ont été arrêtés ou détenus par les autorités de l’immigration, selon l’organisation Home is Here. L’administration cherche à mettre fin au statut DACA de Vijandre, ce qui pourrait entraîner son expulsion vers les Philippines, un pays qu’il n’a pas visité depuis son arrivée aux États-Unis.
Par ailleurs, la Cour d’appel du 5e circuit a récemment bloqué la délivrance de permis de travail aux bénéficiaires du DACA résidant au Texas. De nouvelles restrictions sur les permis de conduire commerciaux et l’accès à l’assurance maladie ont également été mises en place, affectant les « Rêveurs » dans plusieurs États.
Prochaines étapes
Juliana Macedo do Nascimento, porte-parole de United We Dream, estime que l’administration Trump « n’essaie peut-être pas de mettre fin au DACA comme elle l’a fait la première fois, mais elle y parvient ». Les cas de Catalina Santiago Santiago et Paulo Cesar Gamez Lira, également bénéficiaires du DACA arrêtés en août et en septembre, illustrent cette tendance. Leurs avocats dénoncent le manque de transparence du gouvernement et l’absence de justification claire pour leur détention.
La Cour suprême avait déjà rejeté en 2020 la première tentative de l’administration Trump d’annuler le programme DACA, estimant que la procédure suivie était irrégulière. Cependant, les contestations judiciaires se poursuivent, et l’avenir du programme reste incertain.
Chiffres clés
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Nombre de bénéficiaires du DACA arrêtés depuis janvier 2017 | Environ 20 |
| Année de création du programme DACA | 2012 |
Sources
Déclaration de Tricia McLaughlin, secrétaire adjointe à la Sécurité intérieure.
